Etats-Unis: Le nommé à la Justice promet de protéger l’enquête de son «bon ami Bob Mueller»

Le candidat choisi par Donald Trump à la Justice, William Barr, le 15 janvier 2019 devant le Sénat américain. — Jonathan Ernst/AP/SIPA

Il passe son grand oral devant le Congrès. Nommé par Donald Trump pour remplacer Jeff Sessions à la Justice comme Attorney general (AG), William Barr a surtout dû répondre aux questions des élus à propos de l’enquête sur la Russie et la campagne de Donald Trump, mardi. L’ancien AG de George Bush père l’a juré: s’il est confirmé, il sera «indépendant» face au président américain et il protégera la mission de son «bon ami Bob Mueller». Les deux hommes se connaissent depuis plus de 30 ans.

Barr a estimé qu’il était «important pour tout le monde» que le procureur spécial chargé d’établir s’il y a eu collusion entre Moscou et l’équipe du candidat républicain lors de la présidentielle de 2016 puisse terminer son enquête et livrer un «rapport crédible» afin de lever toutes les suspicions. «Je ne crois pas que M. Mueller puisse être impliqué dans une chasse aux sorcières», a déclaré Bill Barr, alors que Donald Trump ne cesse d’utiliser cette formule pour conspuer une enquête menée selon lui par un procureur «hors de contrôle». «Je crois que la Russie s’est ingérée dans les élections ou a essayé de le faire, et nous devons aller au terme» de cette enquête, a-t-il encore dit devant la commission judiciaire du Sénat.

«Abus de pouvoir»

Bill Barr, qui avait été confirmé avec un fort consensus lors de sa précédente nomination au ministère de la Justice, se présente cette fois dans un contexte politique beaucoup plus tendu.

Les démocrates, rendus méfiants par des critiques qu’il avait émises en juin contre l’enquête russe, ont tenu à vérifier qu’il n’allait pas essayer de rogner les ailes du procureur spécial une fois qu’il sera, en tant que ministre de la Justice, chargé de superviser son travail.

Soulignant que Bill Barr était partisan d’une lecture assez large des pouvoirs exécutifs, la sénatrice Dianne Feinstein lui a notamment demandé ce qu’il penserait si «le président demandait à un ministre de la Justice de mettre un terme à une enquête criminelle pour des raisons personnelles». Ce serait «un abus de pouvoir», a répondu Bill Barr.

Et si le président accordait sa grâce à un protagoniste de l’enquête russe en échange de son silence ?, a demandé le sénateur Dick Durbin. «Ce serait un crime», a tranché le candidat. «Personne», pas même le président, «ne pourra me pousser à faire une chose que je juge mauvaise», a-t-il encore promis.