Etats-Unis : L’actrice Brooke Shields révèle dans un documentaire avoir été violée

Dans Pretty Baby : Brooke Shields, un documentaire présenté vendredi en avant-première au festival du film de Sundance aux Etats-Unis, l’actrice américaine Brooke Shields révèle avoir été violée au début de sa carrière hollywoodienne.

L’ancienne top-modèle a gardé l’identité de son agresseur secrète, mais a raconté qu’elle avait retrouvé l’homme – qu’elle connaissait – peu après avoir décroché son diplôme à l’université, croyant qu’il s’agissait d’une réunion de travail pour discuter de sa participation à un casting pour un nouveau film. L’homme l’a ramenée à son hôtel, prétextant vouloir lui appeler un taxi depuis sa chambre. Il est à la place allé dans la salle de bains avant d’en ressortir nu et de la violer, a-t-elle confié.

« Reste en vie et pars »

« C’était comme une bagarre… J’avais peur de me faire étouffer ou quelque chose comme ça », témoigne l’actrice dans le documentaire. « Je ne me suis pas beaucoup débattue. Je ne l’ai pas fait. J’étais juste complètement pétrifiée. Je pensais que mon  »non » aurait dû suffire. Et je me disais seulement :  »reste en vie et pars ». »

Après l’agression, Brooke Shields se souvient avoir téléphoné à un ami qui travaillait dans la sécurité, Gavin de Becker, qui lui a dit : « C’est un viol », ce à quoi elle a répondu : « Je ne suis pas prête à le croire ». Jusqu’à présent, l’actrice ne s’était jamais exprimée publiquement sur son agression.

Diffusé sur Hulu

Cette révélation, qui fait écho à la vague #MeToo, est l’un des nombreux moments poignants du film, qui sera diffusé sur la plateforme de streaming Hulu en deux parties.

La première partie est consacrée à l’intense sexualisation dont Brooke Shields a fait l’objet très jeune, notamment lors d’une séance de photos dénudée à l’âge de 10 ans, ainsi qu’après son apparition à 11 ans dans le film Pretty Baby dans lequel elle jouait une enfant prostituée.

Après avoir connu une célébrité mondiale à l’adolescence, la jeune femme est allée à l’université de Princeton. Après avoir obtenu son diplôme, elle a d’abord eu du mal à retrouver des rôles – menant à la sinistre rencontre avec son violeur.

« Le bon moment »

« Mon message personnel, c’est la persévérance, et ne pas vous autoriser à devenir une victime aux yeux d’une société ou d’une industrie », a-t-elle déclaré à l’AFP avant la première du film au festival organisé jusqu’au 29 janvier dans l’Utah (ouest des Etats-Unis) – pour la première fois en présentiel en trois ans, à cause du Covid-19. « Je suis fière de la façon dont j’ai continué d’apprendre, de grandir, de travailler et d’aimer ce que je fais », a-t-elle ajouté.

Le documentaire, qui a valu à Mme Shields une standing ovation à Sundance, narre également l’obsession des médias concernant sa virginité, l’alcoolisme de sa mère et son premier mariage avec la star du tennis Andre Agassi. Plusieurs de ses amis célèbres y sont interrogés, dont Lionel Richie, Laura Linney et Drew Barrymore.

L’actrice, qui a aujourd’hui 57 ans, a déclaré que c’était « le bon moment dans (sa) vie » pour apparaître dans un documentaire.