États-Unis : Gregory Bovino, symbole de la répression anti-immigration ?
Gregory K. Bovino a été récemment nommé « commandant at large » de la police des frontières par la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem. Il a été en charge de plusieurs opérations de contrôle de l’immigration très médiatiques, dont « Catahoula Crunch » en Louisiane et « Metro Surge » à Minneapolis.
Sa coupe de cheveux militaire et ses déplacements en uniforme ont fait le tour des réseaux sociaux. Gregory K. Bovino, récemment nommé « commandant at large » de la police des frontières par la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem, est devenu l’incarnation de la lutte agressive contre l’immigration aux États-Unis.
Cet homme de 55 ans, né en Caroline du Nord dans une famille d’immigrés italiens, a rejoint la police des frontières en 1996. Il a ensuite occupé divers postes au Texas, en Arizona, dans le Nevada et en Californie pendant plusieurs années.
C’est lors du second mandat de Donald Trump que Gregory Bovino se distingue comme une figure médiatique de la répression de l’immigration, notamment dans des villes démocrates. En Californie, à Los Angeles, il dirige une vaste opération anti-immigration qui entraîne de violentes manifestations durant l’été. Pour cette opération, des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), de la Customs and Border Protection (CBP), des renforts fédéraux et même la Garde nationale sont mobilisés.
En septembre, il lance une opération similaire à Chicago : l’opération « Midway Blitz ». Cela lui permet d’alimenter ses réseaux sociaux avec des portraits quotidiens de migrants arrêtés. Son compte Instagram présente également des vidéos de lui, accompagnées de chansons de rap ou de remix électro, où il célèbre les exploits de la « Green Team », en référence à la couleur de leurs uniformes. D’autres vidéos montrent des agents de la police aux frontières ou de l’ICE lors d’opérations d’interpellation, avec en fond sonore des lectures de versets de la Bible, le générique de Batman ou encore le refrain de Pokémon : « Attrapez-les tous ».
Après Los Angeles et Chicago, Gregory Bovino est à la tête de plusieurs opérations de contrôle de l’immigration très médiatisées : « Catahoula Crunch » en Louisiane, « Charlotte’s Web » en Caroline du Nord ou encore « Metro Surge » à Minneapolis. Dans le Minnesota, suite à la mort de Renee Good, une mère de famille abattue par un agent de l’ICE, les tensions montent, alors que 2 000 agents sont déployés sur le terrain. Le chef de la police aux frontières a défendu l’action du tireur, saluant son « travail » et évoquant un « environnement difficile ».
Patrouillant au milieu d’agents masqués, arme visible et physique imposante, Gregory Bovino n’hésite pas à se mettre en avant dans les rues des villes où il est déployé, parfois vêtu de son long manteau kaki, qui rappelle les manteaux portés par les militaires nazis durant la Seconde Guerre mondiale, selon de nombreux internautes.
Les controverses ne s’arrêtent pas sur les réseaux sociaux. Il a récemment été confronté à la justice pour avoir utilisé du gaz lacrymogène sur des manifestants dans les rues de Chicago « sans avertissement verbal, en violant une ordonnance restrictive temporaire émise précédemment par un juge de district américain limitant l’usage de la force », rapporte ABC News. Une séquence filmée lui a valu de comparaître devant une juge. Celle-ci avait alors prononcé une injonction préliminaire limitant le recours à la force lors des arrestations liées à l’immigration et lors des manifestations, bien que cette décision ait été suspendue par la Cour d’appel saisie par l’administration Trump.
Gregory Bovino, décrit comme « dur à cuire » par Kristi Noem, multiplie les déclarations virulentes à l’encontre des « aliens » (étrangers) et des militants de gauche. « Nous sommes ce que j’appelle désormais des destructeurs de sanctuaires », a-t-il notamment déclaré, en référence aux villes américaines adoptant une politique de protection ou de neutralité à l’égard des immigrés en situation irrégulière.

