Etats-Unis : Donald Trump « vole au secours des enfants américains » et enterre le ministère de l’Education
C’est désormais officiel : Donald Trump a signé ce jeudi un décret ordonnant le démantèlement du ministère de l’Éducation, une décision applaudie par la droite conservatrice et les milieux évangéliques.
Cette suppression, qui doit encore être validée par le Congrès, marque un tournant idéologique majeur et alimente un vif débat sur l’avenir de l’enseignement public aux États-Unis.
« Trump vole au secours des enfants américains »
L’objectif affiché par le président américain est clair : réduire l’intervention fédérale dans l’éducation et donner plus de pouvoir aux États et aux collectivités locales. Pour Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, ce décret est une victoire pour les citoyens : « Trump vole au secours des enfants américains », a-t-elle déclaré. Elle affirme que le ministère, créé en 1979, a englouti plus de 3.000 milliards de dollars sans pour autant améliorer les performances scolaires : « Ce ministère n’a jamais éduqué un seul enfant. Tout ce qu’il a fait, c’est voler l’argent des contribuables. »
Le ministère de l’Education ne peut pas être complètement démantelé sans l’adoption d’une loi nécessitant 60 votes au Sénat, où les républicains disposent actuellement de 53 sièges. Trump et ses alliés n’ont cependant pas attendu l’aval du Congrès pour entamer le démantèlement de plusieurs agences fédérales depuis le début de son second mandat. Ce décret s’inscrit aussi dans une politique plus large de réduction des dépenses publiques, une promesse phare de son mandat.
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Un impact fort sur les élèves défavorisés et en situation de handicap
Aux États-Unis, l’éducation est décentralisée, chaque État et district scolaire local gérant ses propres programmes. Contrairement à la France, où l’Éducation nationale administre un système centralisé, le ministère fédéral de l’Éducation américain joue un rôle plus limité. Son action se concentre principalement sur le financement des établissements, l’attribution de bourses et l’aide aux élèves en situation de handicap.
La suppression de ce ministère ne signifie donc pas la fin du système éducatif fédéral, mais elle affaiblit les mécanismes de soutien aux écoles, notamment les plus vulnérables. Selon plusieurs médias, certaines aides comme les bourses étudiantes et les financements pour les établissements défavorisés devraient être maintenues. Toutefois, les opposants au décret alertent sur le risque d’un recul des protections et financements pour les élèves issus de milieux précaires ou ayant des besoins spécifiques, qui dépendent fortement des fonds fédéraux.
Un tollé chez les démocrates et les enseignants
Les réactions ont été immédiates du côté des démocrates, des syndicats d’enseignants et de nombreux parents qui dénoncent une attaque sans précédent contre l’enseignement public. « Encore des conneries ! Trump, vous ne pouvez pas supprimer ce ministère et vous le savez », a réagi la sénatrice démocrate Tina Smith sur X.
Le syndicat des enseignants AFT a également annoncé qu’il allait contester cette décision en justice, rappelant que d’autres tentatives de suppression d’agences fédérales avaient déjà été jugées inconstitutionnelles.

Une offensive idéologique contre l’éducation publique
Au-delà de la question budgétaire, ce décret est aussi un signal fort envoyé aux mouvements conservateurs qui accusent l’école publique d’enseigner une vision progressiste jugée trop « woke ». Dans plusieurs États républicains, des programmes scolaires ont déjà été modifiés pour réduire l’enseignement sur l’esclavage ou limiter l’accès à certains livres traitant de l’homosexualité ou des discriminations raciales.
En supprimant le ministère de l’Éducation, Trump renforce son emprise idéologique sur l’enseignement et satisfait une base électorale qui prône une école plus locale, plus conservatrice et moins influencée par Washington.