Etats-Unis: Ce que l’on sait des deux fusillades au Texas et dans l’Ohio

Une voiture de police sur le parking du Walmart d’El Paso, au Texas, le 4 août 2019 — MARK RALSTON / AFP

  • Une première tuerie a eu lieu samedi en fin de matinée au Texas dans un centre commercial de la ville d’El Paso.
  • Moins de 13 heures plus tard, un autre tireur était « neutralisé » dans un quartier animé de Dayton, dans l’Ohio.
  • « 20 Minutes » récapitule les faits connus à ce jour.

Deux fusillades dans deux villes différentes en moins de 24 heures ont fait 29 morts aux Etats-Unis. 20 Minutes récapitule ce que l’on sait sur le déroulé des tragédies, leurs auteurs et leurs motivations.

Que s’est-il passé ?

A El Paso, au Texas, tout près de la frontière mexicaine, un homme seul armé d’un fusil d’assaut a ouvert le feu samedi matin aux abords d’un hypermarché Walmart prisé de la communauté hispanique, tuant 20 personnes et faisant 26 blessés. Il s’est rendu et a été placé en garde à vue.

Treize heures plus tard à Dayton dans l’Ohio, dans le nord-est du pays, un homme ouvre le feu dans un quartier animé du centre-ville peu après une heure du matin, faisant neuf morts et 27 blessés. Le suspect, qui utilisait un fusil d’assaut équipé de chargeurs à grande capacité, avait des munitions supplémentaires et un gilet pare-balles, a été tué moins d’une minute après le début de la fusillade par des policiers en patrouille dans les environs. « S’ils n’avaient pas été là (…) nous aurions pu avoir des centaines de morts et de blessés », a déclaré Nan Whaley, la maire de la ville.

Qui sont les tireurs ?

A El Paso, le tireur est un homme blanc de 21 ans originaire d’Allen, près de Dallas, à neuf heures de voiture du lieu du crime. Selon certains médias, il s’appelle Patrick Crusius. Les autorités, qui l’ont inculpé pour meurtres, ont annoncé qu’elles allaient requérir la peine de mort à son encontre.

A Dayton, la police a annoncé que l’auteur de la fusillade était Connor Betts, un homme blanc de 24 ans. Sa soeur, Megan Betts, figure parmi les victimes. Il était arrivé sur les lieux dans le même véhicule qu’elle, avec une autre connaissance qui a été interrogée par les enquêteurs.

Quelles étaient leurs motivations ?

La police, qui soupçonne un motif raciste et traite l’affaire comme un cas de « terrorisme intérieur », enquête sur un manifeste attribué au tireur d’El Paso, dénonçant notamment « une invasion hispanique du Texas » et faisant référence à la tuerie commise par un suprémaciste blanc dans des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (51 morts, le 15 mars).

Dans l’Ohio, les autorités ont estimé qu’il était prématuré de spéculer sur les motifs du tireur. Le fait que ce dernier ait été lourdement armé suggère cependant qu’il avait l’intention de tuer un grand nombre de personnes. « Nous n’avons pas assez d’informations à ce stade pour répondre à la question que tout le monde se pose : pourquoi ? » a déclaré le chef de la police locale, Richard Biehl.

Qui sont les victimes ?

Selon des responsables mexicains, six Mexicains ont été tués dans la tuerie à El Paso. Selon certains médias, les blessés, dont certains sont toujours dans un état grave, sont âgés de deux à 82 ans. Une femme de 25 ans est morte en protégeant son bébé de deux mois, a affirmé sa soeur.

Dans l’Ohio, la police a identifié les neuf victimes du tireur comme étant cinq hommes et quatre femmes. Parmi elles, six étaient noires et trois blanches. La plus jeune, la soeur du tireur, avait 22 ans et le plus vieux, 57 ans. La fusillade a duré si peu de temps qu’il est « difficile d’imaginer » que le tireur ait choisi sciemment toutes ses victimes, a souligné un policier.

Quelles ont été les réactions politiques ?

« Il n’y a pas de place pour la haine dans notre pays », a réagi dimanche le président américain, Donald Trump, dans sa première apparition télévisée depuis les drames, qui ont semé la consternation dans le pays. « Il faut que ça s’arrête. Ca dure depuis des années », a-t-il poursuivi en référence aux tueries de grande ampleur qui frappent régulièrement les Etats-Unis. « Peut-être qu’on peut faire davantage » pour lutter contre cette épidémie, a reconnu le président sans donner de détails. Il a toutefois ajouté que les deux drames relevaient « d’un problème de maladie mentale ». Cet argument est régulièrement utilisé par les républicains pour contrer les demandes de ceux qui voudraient une meilleure régulation du marché des armes à feu.

Après ce bain de sang, Donald Trump a été accusé par ses adversaires démocrates d’alimenter la montée de l’intolérance avec ses fréquentes déclarations au vitriol.

« M. le président, arrêtez votre rhétorique raciste, haineuse et anti-immigrés », a tweeté Bernie Sanders, l’un des favoris de la primaire démocrate. « Votre langage créé un climat qui encourage les extrémistes violents », a-t-il ajouté.

Donald Trump « encourage non seulement la rhétorique raciste, mais aussi la violence qui suit », a renchéri un autre candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, Beto O’Rourke, originaire d’El Paso.

La fille du président, Ivanka Trump, a tenté d’apaiser la situation. « La suprématie blanche, comme toute autre forme de terrorisme, est un fléau qui doit être détruit », a-t-elle tweeté.

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