Et si vous deveniez éleveur de blob, histoire de savoir si cet être unicellulaire supportera le changement climatique ?

Il n’a pas de cerveau, mais de la mémoire et un petit côté stratège. Lui, c’est le blob, un être unicellulaire jaune, à l’aspect visqueux, qui raffole des sous-bois. Et depuis peu, il s’acclimate à l’espace puisqu’un spécimen a l’honneur de cohabiter avec Thomas Pesquet et ses acolytes de la Station spatiale internationale.

Un moyen de savoir s’il se comporte de la même manière, lorsqu’il est à 400 km au-dessus de nos têtes, en apesanteur, que quand il rampe sur le plancher des vaches. Et pour mener cette expérience sur Terre, les élèves de 4.500 établissements scolaires sont mis à contribution pour élever leur propre blob, connu aussi sous son nom scientifique, Physarum polycephalum.

Wanted : 10.000 éleveurs

Mais, comme le blob, si étrange soit-il, fascine grâce à ses facultés d’apprentissage malgré son unique cellule, le CNRS a décidé d’utiliser son capital sympathie à des fins scientifiques. Ce mercredi, il a donc lancé un appel à 10.000 éleveurs de blob potentiels pour arriver à connaître les effets du changement climatique sur cet organisme qui n’est pas fan de la chaleur.

«Derrière le blob, la recherche», va donc proposer à ces scientifiques amateurs de s’occuper de celui qui n’est ni champignon, ni plante, ni animal. Sous la houlette d’Audrey Dussutour, une chercheuse toulousaine, éleveuse de blobs en chef, tous les volontaires de plus de 8 ans vont devoir manipuler quotidiennement, à horaire fixe, au moins durant cinq jours, leur Physarum polycephalum et un de ses cousins, Badhamia utricularis. Il faudra aussi les nourrir et les dorloter.

Un Physarum polycephalum, surnommé « le blob », est une espèce unicellulaire scruté de près par les scientifiques.
Un Physarum polycephalum, surnommé « le blob », est une espèce unicellulaire scruté de près par les scientifiques. – CHRISTELLE GARRIC/ZEPPELI/SIPA

Photo et UV pour le blob

Ils devront aussi les prendre en photo, histoire de voir s’ils se plaisent dans leur environnement. S’ils supportent les variations de température qu’on leur impose grâce à une ampoule chauffante installée à côté de la boîte de Pétri, la maison du blob.

Pour participer à cette expérience, menée de mars à mai prochain, les personnes intéressées doivent s’inscrire avant le 12 novembre et dire si elles pourront prendre en pension blob et son cous’ une semaine, ou plus. Ceux qui veulent se lancer dans l’aventure devront s’équiper à leurs frais, pour moins de 40 euros. Pas la peine de scruter les sous-bois, les blobs seront fournis.

Le job ne s’arrêtera pas aux simples relevés. Les nouveaux éleveurs de blob pourront mettre la main à la plume pour rédiger la publication sur cette expérience participative.