Et si « The Handmaid’s Tales » nous mettait en garde contre le réchauffement climatique ?

Extrait de la saison 3 de «The Handmaid’s Tale», adaptation du roman de Margaret Atwood — Elly Dassas/Hulu
  • La 4e saison de la série télévisée The Handmaid’s Tale est disponible sur OCS.
  • Son récit, basé sur l’ouvrage dystopique de Margaret Atwood, retrace l’évolution de la société totalitaire de Gilead où, à la suite d’une catastrophe naturelle une partie de ses habitants est devenue stérile.
  • Devenue un symbole du droit des femmes à la reproduction dans notre société actuelle, The Handmaid’s Tales est également l’incarnation d’une forme de revendication écologique.

Basée sur le récit dystopique de l’écrivaine canadienne Margaret Atwood, l’adaptation télévisée de The Handmaid’s Tale (La Servante Écarlate) raconte l’histoire d’une société américaine, baptisée Gilead, dans laquelle un désastre écologique a empoisonné la planète au point de rendre ses habitants stériles. Pour accroître sa population en déclin, cette société contraint alors les personnes fertiles à porter des enfants pour la riche classe dirigeante.

L’intrigue du roman, et de la série qui en découle, voient les femmes cis contraintes à la servitude sexuelle pour repeupler cette société religieuse ultra-conservatrice. Essentiellement réduites à leur utérus, ces « servantes » vêtues de robes rouges et de bonnets blancs à œillères, sont devenues en peu de temps le symbole du droit des femmes à la reproduction dans notre société actuelle. Face aux récentes répressions des libertés reproductives en Irlande ou en Argentine, ce costume est devenu un uniforme de protestation lors de manifestations « pro-choice » à travers le monde. En 2019, ce vêtement est même devenu l’une des tenues populaires à porter lors de mouvements de contestation.

La crise écologique au cœur de The Handmaid’s Tale

La menace qui pèse sur les droits reproductifs n’est pas le seul avertissement que l’on trouve dans le récit dystopique de Margaret Atwood. La crise environnementale y est également l’une des trames principales. La République de Gilead est née d’un désastre écologique, notamment causé par une guerre nucléaire. Les déchets qu’il en reste produisant des radiations incontrôlables et de la pollution toxique participent à l’effondrement de l’écosystème de Gilead.

Dans ce contexte, la pollution infecte la nature, les animaux, mais aussi le corps humain, en portant gravement atteinte à la capacité des personnes dotées d’un utérus à avoir des enfants. Ainsi, à Gilead, seule une femme sur quatre est capable de se reproduire. Pour lutter contre un déclin de la population, le gouvernement a donc deux choix : forcer à la procréation ou laisser la population décliner jusqu’à l’extinction de l’humanité. La servitude reproductive imaginée par ce gouvernement est alors justifiée dans le récit comme étant un dommage collatéral de la tentative de cette société d’assurer la survie de l’humanité face à la catastrophe écologique.

Margaret Atwood, précurseure pour son époque ?

Margaret Atwood qualifie la plupart de ses écrits de « fiction spéculative », cela signifie que l’autrice canadienne pense et écrit sur des choses qui pourraient réellement se produire dans le futur ou qui se sont déjà produites. Difficile alors de ne pas imaginer un lien entre le récit dystopique de The Handmaid’s Tale et la relation historique qu’entretiennent l’environnement et le contrôle de la population dans notre société contemporaine. Car peu avant la sortie du livre de Margaret Atwood en 1985, le biologiste américain Paul R. Ehrlich détaillait déjà dans son pamphlet The Population Bomb (La Bombe P, 1968), sa crainte face à une explosion démographique qui entraînerait une famine planétaire.

Margaret Atwood a travaillé pour Amnesty International et soutient le Parti vert du Canada. C’est donc en tant qu’écrivaine engagée qu’elle se saisit des préoccupations environnementales de son époque – davantage centrées sur la pollution nucléaire et la croissance démographique – pour les mettre au cœur de son récit. Mais au XXIe siècle, ces problématiques sont plus que jamais ancrées notre société et le contrôle des naissances comme solution écologique fait toujours partie d’un argumentaire défendu par certains militants comme les GINKS (Green Inclination No Kids) ou les personnes Childfree qui ne souhaitent pas d’enfant pour des raisons écologiques.

Interrogé par le magazine américain Variety, Bruce Miller, le producteur de la série, a assuré que le message concernant le changement climatique serait au cœur de la quatrième saison de The Handmaid’s Tale, disponible dès le 28 avril sur OCS. Reste à voir si l’histoire imaginée par Margaret Atwood se montrera vraie ou non dans les années à venir.

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