Essonne : Le paradis des lecteurs est dans un entrepôt à Villabé

Dans un froid glacial, en ce matin de janvier, le hangar de Recyclivre ne se distingue pas du ciel… gris. Pourtant, ce lieu est un paradis pour tous les lecteurs. Pourquoi ? Dans cette bibliothèque géante de 6.000 m2, plus d’un million de livres sont en transit, prêts à partir aux quatre coins de la France. Avec les soldes, la machine tourne à plein régime. Cet entrepôt est situé à Villabé, à trois kilomètres d’Evry (
Essonne). « Ici, aucun livre n’est neuf. Tous ont déjà eu un propriétaire », explique David Lorrain, fondateur et président de Recyclivre, site d’e-commerce, leader de la vente d’ouvrages de seconde main.

Dans l'entrepôt de Recyclivre, plus d'un million de livres dans ces rayons. Bientôt, ces ouvrages partiront dans toute la France.
Dans l’entrepôt de Recyclivre, plus d’un million de livres dans ces rayons. Bientôt, ces ouvrages partiront dans toute la France. – C. Desthieux / 20 Minutes

Chaque jour sur le site, 4.000 livres sont vendus à travers la France et à l’étranger. En 2020, trois millions d’écrits ont transité par l’entrepôt de Villabé. « Chaque année, ça augmente ! », souligne David Lorrain. Depuis qu’il a créé son entreprise, en 2008, l’homme a déjà changé quatre fois de hangar car « ils deviennent tous trop petits. » Pour éviter un nouveau déménagement, le patron compte, prochainement, doubler la surface de l’entrepôt en installant une immense mezzanine. « On pourra stocker deux millions de livres ! »

Des employés « aux parcours difficiles »

Scanné, stocké, emballé, mais avant tout, chaque livre est minutieusement inspecté. « Ils doivent être en bon état. Pas de coups de crayons, pas de pages arrachées », explique Fabienne, salariée qui scrute leurs moindres défauts. Comme elle, la trentaine d’employés dans l’entrepôt est en réinsertion. « Ils sortent de parcours difficiles, où parfois ils n’ont pas travaillé pendant des années », raconte David Lorrain. C’est Log’Ins, structure spécialisée dans la réinsertion qui encadre ces employés. Le patron collabore avec eux depuis 13 ans.

Dans ce secteur, le travail est pénible : « il faut souvent porter des charges lourdes », confie Fabienne. Ici, les salariés interrogés se sentent accompagnés et aidés. « Il n’y a pas de chef qui nous mette la pression toute la journée », continue l’ancienne assistante de direction. « Nous sommes à l’écoute des employés, explique Gassy, jeune cheffe d’équipe. Dans cet entrepôt, 80 % du personnel est handicapé. Alors, il faut adapter le travail, jusqu’aux étagères. » En effet, les étages inférieurs de certains rayons sont dépourvus de livres.

Bientôt, un tapis roulant joindra les extrémités de l’entrepôt pour « éviter tout déplacement inutile et fatigant ». David Lorrain, très à cheval sur le bien-être de ses employés, a longtemps hésité à installer ce genre de robot. « Il faut toujours prendre en compte l’humain. Les robots sont souvent au détriment de celui-ci. Mon but : trouver un juste équilibre. »