Espagne: L’émission Big Brother entachée par un viol présumé

Une régie de télévision (illustration). — A. GELEBART / 20 MINUTES

Telecinco, la chaîne la plus regardée d’Espagne, est dans la tourmente. Au moins 20 grandes entreprises ont mis fin à leur parrainage publicitaire de la version espagnole de Big Brother : Gran Hermano. Il faut dire que l’émission est entachée par le viol présumé d’une participante pendant son enregistrement il y a deux ans.

Une affaire révélée il y a une semaine au grand public

Parmi les grands groupes qui ne veulent plus entendre parler de Gran Hermano, on trouve notamment Nestlé, Schweppes, Nissan ou encore L’Oréal. Surtout ces retraits ne semblent pas se terminer, mettant la chaîne sous pression. La banque BBVA a ainsi annoncé jeudi avoir pris la même décision. Pour sa part, Ricardo Cirujano, porte-parole de Carretilla, leader sur le marché des plats préparés et asperges en conserve en Espagne, a expliqué avoir cessé son parrainage de l’émission parce que l’entreprise « ne partage pas ses valeurs ».

La justice s’est saisie d’une plainte d’une participante, Carlota Prado, qui dit avoir été violée par un autre participant dans une chambre filmée alors qu’elle était sous l’emprise de l’alcool et inconsciente. Les producteurs avaient expulsé le jeune homme de l’émission et les images n’avaient jamais été diffusées.

Bien qu’elle date de novembre 2017, l’affaire fait les gros titres depuis la publication la semaine dernière d’un article du média en ligne espagnol El Confidencial rapportant que le lendemain du viol présumé, Carlota avait été amenée à commenter une vidéo de la scène face à la caméra. Le journal a diffusé la vidéo tournée dans la pièce dite du « confessionnal » : la jeune femme devient de plus en plus nerveuse quand elle est interrogée à propos de ce qui s’est passé à son insu et finit par implorer, en larmes, de cesser la diffusion des images. « Il y aurait dû y avoir à mon côté, une psychologue ou quelqu’un qui m’aide à faire face à ces images si dures. Ils ne m’ont jamais demandé si je voulais voir ça… j’aurais dit non », a assuré la jeune femme.

Telecinco y voit le dénigrement d’un rival

Endemol Shine Group, propriétaire de la société produisant l’émission, a indiqué qu’« avec le recul, nous regrettons que la conversation pendant laquelle Carlota a été informée ait eu lieu dans le confessionnal ». Le groupe a cependant souligné n’avoir jamais cherché à diffuser la vidéo. Le propriétaire de Telecinco, Mediaset Espagne, contrôlé par la famille de l’ancien Premier ministre italien Silvio Berlusconi, s’est lui présenté dans un communiqué comme la victime d’une campagne de « dénigrement » de la part d’un groupe médiatique rival. Il a en outre assuré qu’il restera « attentif aux résultats de l’enquête et à l’éclaircissement total des faits, dans le respect de l’intimité des personnes affectées », tout en faisant valoir qu’il n’est pas impliqué dans la procédure judiciaire.

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