Equipe de France : L’insouciance des bizuts, une parenthèse dans la tempête bleue

A Clairefontaine,

Le calme ambiant et la décontraction des nouveaux à Clairefontaine forment un curieux contraste avec les affaires qui s’amoncellent autour de l’équipe de France. Notons d’ailleurs qu’au scandale à la FFF et la telenovela Paul Pogba s’est ajouté un petit bonus Kylian Mbappé : l’attaquant parisien n’a pas pris part à la séance photo du lundi, la fédé ayant refusé de modifier la convention des droits à l’image des joueurs. La régalade.

Le plateau de joueurs envoyés au mastic devant le collège de journalistes n’avait cependant pas de quoi remettre une pièce dans le jukebox. A quoi bon parler des problèmes des Bleus à la brochette de bizuts enthousiastes formée par Benoît Badiashile, Youssouf Fofana et Randal Kolo Muani. On se contentera donc de profiter du peu d’innocence qui reste à cette équipe de France.

Jeunesse expérimentée

Point commun entre les trois jeunes hommes, ils étaient tous aussi surpris que nous de voir leur nom apparaître sur la liste de Didier Deschamps pour les derniers matchs de Ligue des nations contre l’Autriche et le Danemark. « J’étais assez surpris d’être sélectionné », pour le premier, « je ne l’ai pas du tout vue venir », pour les deux autres. Le tout formant un mélange de surprise, de modestie et d’ambition dont on s’extasierait si on ne savait pas la présence de ces garçons conditionnée par des cadres toujours plus absents de ce rassemblement automnal.

Derniers forfaits en date, ceux de Lloris et Théo Hernandez. Plus ou moins 150 sélections qui passent par la fenêtre, hop ! « Il y a de la jeunesse mais il y a quand même de l’expérience, rassure Fofana. Camavinga est champion d’Europe, Tchouaméni a plus de 100 matchs en pros et joue au Real. Après, si vous parlez du manque d’expérience en EDF je suis d’accord. Mais en termes d’expérience sur un match de football on a ce qu’il faut. »

Devoir d’exemplarité

Pour une ou deux rencontres anecdotiques, ça devrait bien suffire. Pour la Coupe du monde, ça sera autre chose. A condition d’y être évidemment. Ce à quoi le trio estime légitimement postuler, même si Fofana préfère calmer le jeu en rappelant que « le Qatar, c’est loin ». Quelques milliers de kilomètres, oui.

Pour le reste, rien à retenir, sinon de grands classiques des premières conférences de presse. Kolo Muani : « C’est très fort d’être en Bleu, parce que tu représentes une nation et cette nation est derrière toi. C’est plus qu’un rêve, c’est plus fort que de jouer en Ligue des champions, largement. » A grand pouvoir, grandes responsabilités. Fofana : « On représente la France, on chante la Marseillaise avant de jouer, le fait d’être exemplaire y a même pas à le mentionner. Ça doit être normal. » Certains gagneraient à s’en inspirer.