Épilepsie : Réagir efficacement lors d’une crise convulsive.
En France, plus de 650.000 personnes sont atteintes d’épilepsie, soit 1 % de la population. Selon le docteur Khayat, 40 % des patients n’ont jamais de crise généralisée de ce type.
En France, plus de 650 000 personnes souffrent d’épilepsie, ce qui représente environ 1 % de la population. Cette maladie neurologique peut avoir des origines génétiques ou structurelles, survenant suite à un traumatisme crânien, un AVC, une malformation ou une atteinte auto-immune du cerveau. Dans 20 à 30 % des cas, la cause demeure inconnue. Les crises épileptiques varient en fonction des zones du cerveau affectées, l’épilepsie étant liée à une activité électrique excessive dans certaines régions. La forme la plus connue et impressionnante est la crise convulsive généralisée, qui impacte tout le cerveau. À l’occasion de la journée internationale de l’épilepsie ce lundi, nous vous expliquons comment réagir face à une crise convulsive.
### Ne pas entraver ses mouvements
« La personne ne va pas sentir venir la crise qui arrive brutalement », souligne Norbert Khayat, neurologue à l’hôpital Médipôle de Lyon et vice-président de l’association Épilepsie France. Lors de la crise, le malade perd conscience, présente des mouvements saccadés de tous ses membres et peut tomber. Ces crises peuvent être impressionnantes. « Il faut les prendre avec sérieux car la personne peut se fracturer un membre, se luxer l’épaule ou subir un traumatisme crânien en cas de chute malheureuse », avertit Fabrice Bartolomei, professeur de neurologie à la faculté de médecine de Marseille et chef du service d’épileptologie et rythmologie au CHU de Marseille.
En cas de crise, les personnes présentes peuvent intervenir. « Il ne sert à rien d’empêcher ou d’entraver les mouvements, cela risquerait juste de créer des blessures », ajoute le docteur Khayat. Il convient donc de laisser la personne tomber, tout en veillant à ce qu’il n’y ait rien autour pouvant la blesser. « Si elle porte des lunettes, on peut les enlever pour éviter qu’elles se cassent », recommande Delphine Dannecker, présidente de l’association Épilepsie-France.
### Le mythe de la langue avalée
Contrairement à une idée reçue, une personne épileptique ne va pas avaler sa langue et s’étouffer. « C’est un mythe contre lequel nous luttons depuis des années », regrette le docteur Khayat. Il ne faut pas essayer de tenir la langue de la personne, car cela pourrait l’étouffer ou provoquer des vomissements. « Au pire, elle se mordra la langue. »
Il peut être nécessaire de demander aux curieux de s’éloigner pour éviter un attroupement, mais il est essentiel de ne pas laisser la personne seule pendant une crise. « De nombreux malades rapportent que d’autres leur volent leurs affaires pendant la crise, il est donc important de rester à leurs côtés pour les sécuriser », ajoute Delphine Dannecker.
### La mise en position latérale de sécurité après la crise
« La phase convulsive dure en moyenne une minute trente », affirme le professeur Bartolomei. Si la crise persiste au-delà de cinq minutes, il est conseillé d’appeler les secours, qui pourront administrer un antiépileptique au malade. Après cela, la phase de récupération progressive débute. « Nous recommandons de mettre la personne en position latérale de sécurité pour faciliter sa respiration et éviter tout dégât en cas de vomissement », ajoute le neurologue de l’hôpital Médipôle de Lyon.
« Après une crise, la personne peut être totalement désorientée », souligne la présidente d’Épilepsie France. Il est donc important de la rassurer, de lui tenir la main, et de lui expliquer : “Vous êtes à tel endroit, vous avez eu une crise, mais tout va bien, je suis là.” Étant donné que beaucoup de personnes ne savent pas comment réagir, de nombreux malades n’osent plus sortir de chez eux et s’isolent.
### D’autres crises passant inaperçues
« Les personnes épileptiques sont très stigmatisées car les crises convulsives semblent étranges, mais elles ne représentent qu’une partie des crises », rappelle le professeur Bartolomei. De nombreuses crises sont invisibles. Selon le docteur Khayat, 40 % des patients n’ont jamais eu de crise généralisée de ce type. Parmi les 60 % restants, « certains n’ont qu’une ou deux crises isolées, souvent dans des contextes particuliers comme la fièvre ou une dette de sommeil. »
Une grande partie des personnes épileptiques ne rencontre que des « crises focales », qui touchent uniquement une zone localisée du cerveau. Selon la partie affectée, cela peut se manifester par un trouble de la conscience, des hallucinations visuelles, sensitives, des secousses motrices, des signes émotionnels, une peur soudaine et des troubles de la mémoire transitoire. Bien que discrètes, ces crises doivent inciter à consulter, car grâce à un traitement régulier, 75 % à 80 % des patients n’ont plus de crises.

