France

Enquête suédoise sur le drone neutralisé près du Charles de Gaulle.

Un drone a été neutralisé par l’armée suédoise à environ 13 kilomètres du porte-avions français Charles de Gaulle, qui fait escale à Malmö, tandis qu’un « navire militaire russe » se trouvait « à proximité immédiate au moment des faits ». Les autorités suédoises enquêtent sur une probable violation de l’espace aérien suédois par ce drone, qui a été brouillé « par un dispositif suédois à environ 7 nautiques [près de 13 kilomètres] du Charles de Gaulle ».


La Russie est à nouveau dans le collimateur avec un incident survenu près du porte-avions français Charles de Gaulle en escale à Malmö. Un drone a été neutralisé par l’armée suédoise alors qu’il évoluait à proximité. Les autorités suédoises mènent une enquête et ont signalé qu’un « navire militaire russe » se trouvait « à proximité immédiate au moment des faits », a déclaré le ministre de la défense Pål Jonson jeudi soir à la chaîne SVT.

L’espace aérien suédois violé

L’incident a eu lieu à environ 13 kilomètres du Charles de Gaulle, dans le détroit d’Öresund. Un navire de la marine suédoise a repéré le drone lors d’une patrouille maritime et a pris les mesures nécessaires pour le neutraliser. « Il est probable qu’il y ait eu une violation de l’espace aérien suédois par un drone. Cela s’est produit alors qu’un navire militaire russe se trouvait dans l’Öresund et dans les eaux territoriales suédoises », a précisé le ministre.

Les forces armées suédoises poursuivent leur enquête. « Mais selon toute vraisemblance, il existe un lien fort entre le navire militaire russe et ce drone », a souligné Pål Jonson. « Et je le répète, nous avons pris des mesures de protection particulières en raison de la présence du porte-avions Charles de Gaulle à Malmö. » La mer Baltique est devenu un espace de tensions entre la Russie et les pays de l’Alliance atlantique.

Le drone brouillé

Le drone a été brouillé « par un dispositif suédois à environ 7 nautiques [près de 13 kilomètres] du Charles de Gaulle », a indiqué le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l’état-major français, précisant que « le dispositif suédois a parfaitement fonctionné ». Après avoir été brouillé, « le contact avec le drone a ensuite été perdu », selon le communiqué de l’armée suédoise, qui a ajouté qu’ « aucun autre drone n’a été observé » depuis.

Le brouillage d’un drone implique de perturber la communication entre l’appareil et son opérateur ou d’entraver ses systèmes de navigation par des moyens de guerre électronique. Selon les circonstances, un drone brouillé peut tomber, chercher à se poser, continuer en ligne droite, tenter de revenir à son point de départ ou rester en vol stationnaire.

Une escale en Suède, proche de la Russie

Le groupe aéronaval, qui inclut le porte-avions à propulsion nucléaire, fait escale pour la première fois dans le port de Malmö, avant de participer à plusieurs exercices de l’Otan. « Il est équipé de ses propres dispositifs de protection, mais lorsqu’il entre dans les eaux souveraines d’un partenaire, comme c’est le cas ici, il se soumet à la protection du pays hôte », a expliqué le colonel Vernet.

Plusieurs vols de drones inquiétants

Les pays européens ont exprimé à plusieurs reprises des préoccupations face à des survols de drones repérés au-dessus ou à proximité de sites sensibles, tels que des installations militaires ou des aéroports, certains responsables politiques évoquant des opérations de guerre hybride russes. Dans certains cas, les drones n’ayant pas été détectés par des moyens techniques mais uniquement repérés par des témoins, la véracité des survols n’a pas pu être confirmée par les enquêteurs.

Certains responsables militaires ou du renseignement, notant que certains survols n’avaient pas été vérifiés ou ne relevaient pas nécessairement d’opérations de guerre hybride, ont mis en garde ces dernières semaines contre un éventuel emballement concernant ces incidents.