France

Enlèvement en Seine-Saint-Denis : le procureur appelle les parents à agir

Le procureur de la République de Bobigny, Eric Mathais, a déclaré que les deux enfants encore recherchés, Nael, 18 mois, et Eline, 2 ans et demi, « ont également besoin d’être pris en charge très rapidement ». Une ordonnance de placement provisoire à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) a été émise mercredi pour les trois mineurs à la suite d’un signalement hospitalier concernant des « parents potentiellement toxicomanes et d’enfants mal nourris et dans un état d’hygiène préoccupant ».


« Ils ont également besoin d’être pris en charge ». Le procureur de la République de Bobigny, Éric Mathais, a exhorté ce dimanche les parents de la fratrie enlevée jeudi en Seine-Saint-Denis à remettre très rapidement aux autorités leurs deux enfants encore recherchés.

« Vous avez réalisé un geste important, un bon geste, un geste de parents aimants en déposant Dalia », nourrisson de six semaines, « à l’hôpital pour qu’elle puisse être soignée pour sa maladie cardiaque », a déclaré le procureur lors d’une conférence de presse, précisant que le frère et la sœur du bébé « sont encore tout petits » et « ont également besoin d’être pris en charge très rapidement ».

L’alerte enlèvement déclenchée samedi matin avait été levée une dizaine d’heures plus tard, mais les recherches se poursuivaient ce dimanche pour localiser Nael, 18 mois, et Eline, 2 ans et demi, a précisé le magistrat.

Une ordonnance de placement provisoire à l’ASE mercredi

Les trois mineurs avaient fait l’objet mercredi d’une ordonnance de placement provisoire à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), suite à un signalement hospitalier signalant « des parents potentiellement toxicomanes et des enfants mal nourris, dans un état d’hygiène préoccupant », a rappelé le procureur.

Jeudi, les jeunes parents, Abdelkader Benabderrahmane, 24 ans, et Chaima Hattab, 20 ans, en situation de grande précarité, s’étaient opposés aux éducateurs chargés d’exécuter l’ordonnance de placement pour leurs trois enfants – la plus jeune venant de sortir de l’hôpital où elle était prise en charge – et avaient pris la fuite avec eux, aidés par le grand-père des enfants.

Une alerte enlèvement avait été déclenchée samedi à 05h45 par le ministère de la Justice, le bébé de six semaines souffrant d’une cardiopathie nécessitant une intervention chirurgicale mais surtout des soins réguliers en attendant cette opération.

Les grands-parents des enfants en garde à vue

Les services d’enquête ont d’abord localisé la famille chez la grand-mère maternelle des enfants à Épinay-sur-Seine, puis à Nanterre chez une amie avant de perdre sa trace. Jusqu’à « l’excellente nouvelle », s’est réjoui le procureur de Bobigny, avec la découverte, samedi à 16h05, d’un « nourrisson déposé sur un brancard au service de néonatologie de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul » de Lille, ce qui a mis fin à l’alerte enlèvement.

Le bébé, rapidement identifié comme étant Dalia, avait été déposé par « une femme voilée et portant un masque chirurgical », selon le procureur. Le nourrisson est aujourd’hui « en bonne santé », a-t-il indiqué, mais reste hospitalisé.

Le grand-père et la grand-mère des enfants, tous deux âgés de 41 ans, sont en garde à vue. Ils pourraient être présentés à un juge d’instruction dans le cadre de l’information judiciaire qui sera ouverte lundi pour enlèvement de mineurs de moins de quinze ans en bande organisée, a précisé le procureur.

Les investigations continuent activement pour retrouver la famille, grâce à « l’exploitation de la vidéosurveillance de la ville de Lille, ainsi que la visite de squats connus sur cette métropole », a signalé Éric Mathais.