Enfant tué dans le Var : « Il n’a pas fait la différence entre une bonne trempe et des coups mortels »

Alors que se déroulera ce samedi une marche blanche en la mémoire de Malakai, ce jeune enfant de 7 ans décédé dans la nuit du 12 au 13 octobre dernier sous les coups du conjoint de sa mère, le rapport d’expertise médico-légal touche à sa fin. Le petit garçon avait déjà subi dans cet appartement de la Seyne-sur-Mer (Var) une première volée de coups trois jours auparavant qui, restés sans soin, le faisait agoniser. Sous réserve de l’accord de la mère, actuellement en détention provisoire pour non-assistance à personne danger, le petit Malakai devrait être inhumé ensuite ce mardi à la Grande-Motte, ville où résident ses grands-parents maternels, a appris 20 Minutes auprès d’avocats de mis en examen.

Anaïs Guenoune, avocate de la mère, entend formuler une demande de permission ce jour-là afin de permettre à sa cliente de se rendre aux obsèques de son fils. Dans ce dossier où F., le beau-père, a reconnu être l’auteur des coups, l’enjeu est de « démontrer l’emprise qu’avait F. sur ma cliente. Les expertises psy devront le déterminer », détaille Anais Guenoune. « E. est une personnalité assez faible. C’est une enfant adoptée qui n’a jamais eu confiance en elle et n’avait jamais trouvé de cadre. Son compagnon lui a imposé un cadre de peur, un cadre qu’elle ne connaissait pas, mais qui pour elle restait un cadre », a avancé son avocate, qui espère bien pouvoir éviter à sa cliente une trop lourde condamnation par ce biais et expliquer pourquoi la mère de l’enfant n’a pas alerté les secours pendant que son fils agonisait trois jours durant.

Démontrer l’emprise du conjoint sur la mère

Aussi, l’avocate entend s’appuyer la mise en examen de la mère de F. ainsi qu’un de ses frères et sa sœur, tous en détention provisoire dans cette affaire, pour démontrer cela. « On a ce clan, cette matriarche, la mère de F., qui lui dit durant ces trois jours : ça va aller, donne des vitamines au petit », résume Anaïs Guenoune.

« L’instruction devra faire la lumière sur ces trois jours », estime de son côté, Olivier Hasenfratz, l’avocat du meurtrier présumé déjà condamné il y a une dizaine d’années pour des faits de violences conjugales. Pour lui, « rien ne pouvait laisser présager de cette situation. Mon client n’était pas connu pour des faits de violences sur enfant, et il n’y avait pas de violence au sein de ce couple qui s’aimait. E. est enceinte de F. de 6 mois », avance-t-il. Pour lui, et « c’est indécent de le dire ainsi », a-t-il bien conscience, « mon client n’a pas fait la différence entre une bonne trempe et des coups mortels. Il a oublié qu’il était un adulte et la puissance de ses coups ». C’est d’ailleurs sur ce point qu’il tentera de faire fléchir l’instruction, qui devra encore se poursuivre quelques mois, et lui éviter la charge d’homicide aggravée sur mineur de moins quinze ans au profit d’une qualification de « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » plus clémente.

L’avocate de la mère souhaite par ailleurs insister sur « la défaillance des acteurs sociaux. Il y avait une mesure éducative en milieu ouvert qui n’était visiblement pas adaptée. La mère ne se rendait pas à ses rendez-vous, le petit avait déjà été en foyer six mois entre ses quatre et cinq ans, et il manquait régulièrement l’école. Cela aurait dû alerter les services », regrette-t-elle. Quant au beau-père, qui faisait l’objet d’une fiche de recherche pour des violences commises sur une autre femme et pour lesquels il avait été jugé en son absence, il pourra finalement bien assister à ce procès, reprogrammé au 25 novembre prochain. En attendant celui à venir pour les faits relatés ici.