Energie : « On ne peut pas traiter toutes les collectivités de la même façon », affirme Le Maire

Face à la flambée des prix de l’énergie, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a souligné mercredi que toutes les collectivités ne pouvaient pas être aidées à l’identique, suggérant de conditionner le soutien de l’Etat à la rigueur de leur gestion budgétaire.

« Je ne mésestime pas du tout les difficultés » des collectivités locales, a affirmé le ministre devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Mais « on ne peut pas traiter toutes les collectivités de la même façon : vous avez des collectivités qui s’en sortent bien, d’autres qui sont en grande difficulté », a ajouté Le Maire, à quelques jours du début des débats au Parlement sur le budget 2023, lors desquels la question du soutien aux collectivités reviendra vraisemblablement à l’ordre du jour.

« Vous avez aussi des collectivités bien gérées, et d’autres qui sont moins bien gérées. Quand je vois des collectivités qui ont embauché massivement et qui viennent ensuite demander à l’Etat, parce qu’elles ne peuvent pas faire face à des factures énergétiques, de payer à la place des collectivités, ça peut poser une difficulté », a mis en garde le numéro deux du gouvernement.

« Les collectivités locales sont protégées »

« Il est bon, vis-à-vis du contribuable, de s’assurer du sens des responsabilités des collectivités locales. Dans ce cadre-là, nous sommes prêts à aider toutes celles qui font face à des difficultés majeures, qui ont bien géré et n’ont aucune raison de payer pour la crise énergétique actuelle », a poursuivi Le Maire.

Dans l’ensemble, a-t-il conclu, « les collectivités locales sont protégées, puisque 30.000 d’entre elles ont accès à un tarif régulé et les autres bénéficient d’un [fonds d’un] demi-milliard d’euros qui a été voté par le Parlement cet été ».

Le ministre répondait à l’interpellation du député écologiste Charles Fournier, pour qui la situation financière des départements, intercommunalités et autres communes est « alarmante ».

Le fonds d’un demi-milliard « est nettement insuffisant par rapport à la situation que peuvent vivre les collectivités », contraintes d’assumer la hausse des prix de l’énergie et l’augmentation de 3,5 % du salaire des fonctionnaires, a insisté l’élu d’Indre-et-Loire. Les collectivités s’inquiètent aussi d’une diminution de leurs recettes fiscales, avec la suppression à venir de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui devrait leur faire perdre 4 milliards d’euros en 2023.