Energie : Malgré la hausse des prix, EDF confirme arrêter les coupures d’électricité après la trêve hivernale

L’engagement, pris en novembre dernier, a été réaffirmé à quelques jours de la fin de la trêve hivernale. Vendredi, EDF ne coupera plus l’électricité pour les clients qui peinent à payer leur facture. Un vrai soulagement pour les ménages modestes, alors que les prix de l’énergie continuent d’exploser avec la guerre en Ukraine. « En faisant cela, EDF va plus loin que ses obligations réglementaires en dehors de la période de trêve hivernale, en remplaçant la coupure par une limitation de puissance à 1 kVA », souligne un porte-parole.

Cette puissance représente une sorte de « service minimum » en attendant la régularisation de la situation du client, de quoi assurer l’essentiel : s’éclairer, faire fonctionner un réfrigérateur et recharger un téléphone. Les coupures étaient déjà interdites pendant la trêve hivernale, qui s’achèvera fin mars. Elles ne seront donc désormais plus du tout appliquées par le fournisseur historique et ce, toute l’année.

Un décret en préparation au gouvernement

EDF n’est pas le premier fournisseur à annoncer une telle mesure, réclamée par les associations de lutte contre la précarité : le petit opérateur Plum avait déjà pris cette initiative. Autre gros opérateur, Engie s’est pour sa part engagé à « déployer massivement les réductions de puissance à 1 kVA dès ce printemps 2022. » Mais beaucoup de fournisseurs restent « très réticents à abolir les coupures d’électricité » et ont engagé « des réflexions dilatoires », regrette Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation Abbé-Pierre.

En 2021, 254.000 consommateurs ont été coupés en électricité pour impayé, selon les chiffres du Médiateur national de l’énergie. « Il y a une tension très claire à la fois liée à la précarisation de certaines couches de la population, en lien avec le Covid notamment, et la hausse des prix de l’énergie. Tout cela fait que ça coince pour des centaines de milliers de ménages », remarque Manuel Domergue.

Selon lui, le gouvernement prépare un décret pour imposer deux mois de réduction de puissance avant toute coupure pour les ménages les plus précaires, ceux qui reçoivent le chèque énergie. Un bon début, mais pas assez pour la Fondation Abbé-Pierre, qui appelle à une interdiction généralisée des coupures. « On attend du gouvernement qu’il prenne une décision, que ça ne dépende pas de la bonne volonté ou non de certains fournisseurs d’électricité. On estime que c’est un droit fondamental d’avoir un minium d’électricité chez soi. »