Emploi : Les créations au beau fixe en 2019 mais des craintes sur 2020 à cause du coronavirus

Un homme devant une agence Pôle Emploi à Nantes. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

L’année 2019 a été un bon cru pour les créations d’emplois, qui se sont accélérées en fin d’année pour atteindre 260.000. En plein conflit sur la réforme des retraites, le dernier trimestre de l’année a vu 88.800 postes créés, soit plus du double par rapport au troisième trimestre. Sur l’ensemble de l’année, le secteur privé a créé 263.100 emplois (+1,4 %), soit presque 100.000 emplois de plus qu’en 2018, mais 90.000 de moins qu’en 2017.

Pour Bruno Ducoudré, économiste à l’OFCE, le millésime 2019 est « plus fort que ce qu’on attendait » au regard de la croissance observée en France. Selon lui, l’explication se trouve dans le nouveau dispositif d’allégements de cotisations sur les bas salaires dont ont bénéficié les entreprises en 2019. Comme toujours ce sont les services marchands qui tirent l’emploi privé, avec plus de 200.000 créations nettes de postes en 2019. Le secteur de la construction enregistre « sa plus forte hausse annuelle depuis 2007 », relève l’Insee, avec 45.000 créations (+3,3 %).

Le chômage partiel a déjà doublé

Ces chiffres tombent alors que tout le monde a les yeux rivés sur l’épidémie de Covid-19 qui percute de plein fouet l’économie mondiale. L’impact du coronavirus « sera sévère pour la croissance française en 2020 » et touchera aussi l’emploi, a prévenu lundi le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. De son côté, la Banque de France estimait que cette croissance n’atteindrait que 0,1 % au premier trimestre, contre 0,3 % escomptés il y a un mois.

Le gouvernement a déployé tout un arsenal en début de semaine, dont le renforcement du chômage partiel : l’Etat va ainsi porter de 7,74 euros à 8,04 euros, soit le niveau du Smic, l’indemnité horaire compensatrice versée aux employeurs ayant recours à ce dispositif. Quelque 900 entreprises ont demandé à bénéficier de mesures de chômage partiel pour environ 15.000 salariés, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Elle n’a d’ailleurs pas caché que l’objectif d’un taux de chômage à 7 % à l’issue du quinquennat était « plus difficile » à atteindre.

La CFDT monte aussi au créneau

« On s’attend à ce que cela reparte assez vite, les entreprises peuvent absorber le choc » si le ralentissement de l’activité dure un ou deux trimestres, notamment du fait de l’aide de l’Etat (activité partielle, carence, indemnités journalières) mais aussi au prix de non-renouvellements de contrats courts ou d’intérim, juge Bruno Ducoudré.

C’est d’ailleurs ce qui inquiète la CFDT, qui a demandé au gouvernement de renoncer au deuxième volet de la réforme de l’assurance chômage, qui doit entrer en vigueur le 1er avril et modifie le calcul de l’indemnisation chômage, notamment pour ceux qui enchaînent les contrats courts. « Des mesures sont annoncées pour soutenir les entreprises et les secteurs en difficulté » à cause du coronavirus, « qu’en est-il des demandeurs d’emploi et des travailleurs précaires ? », interroge le premier syndicat français, vivement opposé à cette réforme.

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