Emoji drapeau breton : « Indispensable » ou « ridicule » ? Les internautes sont partagés

La Bretagne veut son emoji et compte bien le faire savoir jusqu’au 9 février sur Twitter. — J. Gicquel / 20 Minutes

  • La campagne en faveur d’un emoji drapeau breton a pris fin dimanche soir sur Twitter.
  • L’opération a été un grand succès avec plus de 405.000 emojis générés sur le réseau social en un mois.
  • Sans surprise, les Bretons ou amoureux de la Bretagne soutiennent à fond la démarche.
  • D’autres internautes en revanche la trouvent ridicule et futile, raillant le côté chauvin des Bretons.

Il a subitement disparu des écrans dimanche soir peu après minuit. Apparu le 13 janvier sur Twitter, l’emoji drapeau breton a entre-temps envahi le réseau social avec 405.886 #emojibzh générés. Une vraie déferlante donc, à laquelle même Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian ou Riad Sattouf ont participé dans les dernières heures.

Si l’opération de communication de la région Bretagne a été un formidable succès, rien ne garantit pour autant que le gwenn ha du obtiendra définitivement son emoji. Il faudra pour cela attendre le mois d’avril avec l’examen de la candidature bretonne par Unicode, un consortium regroupant les géants du Web et qui est chargé de valider la création de nouveaux emojis. En attendant la réponse définitive, qui devrait tomber début 2021, 20 Minutes a interrogé ses internautes pour savoir ce qu’ils pensaient du combat de la Bretagne pour décrocher son emoji. Morceaux choisis.

Un plus pour « le rayonnement à l’international de la région »

Quand il s’agit de défendre leur région ou d’exhiber leur drapeau aux quatre coins de la planète, les Bretons sont assurément les premiers. Ce n’est donc pas une surprise de les voir soutenir à fond la création d’un emoji breton. « C’est indispensable, indique Fanch. C’est comme les drapeaux que l’on croise dans toutes les manifestations, les festivals, les matchs dans le monde entier. C’est l’appartenance à une terre, à une culture. S’il est créé je l’utiliserais tous les jours ».

Beaucoup vantent ainsi l’identité bretonne qui serait encore renforcée avec un emoji, « une forme de culture moderne », selon Marie. « C’est important pour des raisons sentimentales bien sûr, indique Cécile. Mais aussi pour le rayonnement à l’international de la région, pour le tourisme. C’est bien de pouvoir être identifié très rapidement ».

Une brèche ouverte pour d’autres régions ?

D’autres estiment aussi que les emojis devraient s’ouvrir, comme pour les pays, aux drapeaux régionaux. « Ce sera toujours mieux que ces fruits qui pullulent et dont peu de personnes doivent se servir au quotidien », ironise Nelly78 sur Facebook.

Dans leur combat, les Bretons peuvent aussi compter sur le soutien d’internautes extérieurs à la région comme Martin Goegler. « Je soutiens les Bretons dans leur démarche et serais même d’avis que les autres régions identitaires leur emboîtent le pas comme la Corse, l’Alsace ou le Pays Basque », indique cet internaute, qui y voit un moyen de défendre « une culture locale en péril ». « Nous aussi nous voulons notre emoji ! » souligne Jean-Michel, Vendéen. Un internaute anonyme réclame, lui, sur le ton de l’humour, « celui de Vénissieux ».

Un combat futile pour certains internautes

Toujours prompts à défendre leur région et à afficher leurs couleurs, les Bretons en agacent également plus d’un. « Son emoji, sa langue régionale, son drapeau… Que c’est chiant tous ces chauvins ! », s’emporte Frédéric sur Twitter. « Ils ont toujours besoin de bien faire sentir qu’ils sont uniques et meilleurs que les autres », embraye Kick75. Loïc trouve également la démarche de la Bretagne « ridicule », estimant qu’elle ne devrait pas « tomber dans les travers du régionalisme ».

Pour d’autres, la création d’un emoji apparaît comme un combat bien futile. « Il n’y a pas d’autres combats à mener ? Les algues vertes, le lisier, les élevages intensifs, on en parle ou pas ? », s’interroge Did81. Sur Facebook, Philippe conclut les échanges avec une petite pique humoristique. « Si c’est la seule et unique chose qui rend les Bretons malheureux en ce monde, alors ils ont raison ! »

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