Emissions de CO2: Le Parlement européen vote l’objectif d’une baisse de 60% en 2030

Des émissions de CO2 — Caro / Oberhaeuser/SIPA

« Jamais un objectif aussi ambitieux n’avait été trouvé. Cela va tirer l’ambition de toute l’Europe vers le haut. » La commission Environnement du Parlement européen a adopté jeudi un objectif contraignant de réduction d’au moins 60 % des émissions de gaz à effet de serre de l’UE, ce dont s’est félicité son président Pascal Canfin.

L’amendement inscrivant cet objectif a été adopté par les eurodéputés par une courte majorité de trois voix, selon une source parlementaire. Cet objectif devra encore être validé par l’ensemble du Parlement en séance plénière début octobre.

L’objectif d’une neutralité en 2050 loin d’être acquis

La Commission européenne, l’exécutif de l’Union, a publié début mars son projet de « loi climat » pour l’UE, qui entérine notamment l’objectif de neutralité carbone en 2050, mais dont les détails sont désormais discutés entre le Parlement et le Conseil (les Etats membres).

La Commission s’était cependant donnée jusqu’à septembre pour proposer un chiffre qui viendra réviser l’objectif climat pour 2030, actuellement fixé à -40 % par rapport au niveau de 1990, afin de le mettre en conformité avec la neutralité climatique visée pour 2050. La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a promis d’envisager une fourchette entre 50 et 55 %, mais les Etats membres restent divisés.

Une étude d’impact doit être rendue en début de semaine prochaine et Ursula von der Leyen devrait « très probablement » dévoiler un chiffre précis lors de son « discours sur l’état de l’Union » mercredi, selon une source parlementaire. Les groupes politiques au Parlement restent également partagés.

Une « avancée » encourageante

« La neutralité carbone d’ici 2050, c’est très ambitieux et difficile, il faut donc rester réaliste : nous nous attendons à ce que la Commission n’accepte jamais les exigences de la gauche du Parlement pour un objectif de réduction de 60 % ou 65 % », a rappelé dans un communiqué l’eurodéputé Peter Liese, porte-parole du PPE (droite) pour l’environnement. Son parti plaide pour -50 %.

« Notre groupe a été ambitieux mais aussi pragmatique : au-delà des chiffres, il faut prouver qu’on peut les mettre en oeuvre, que notre économie peut le supporter », commentait pour sa part mercredi auprès de l’AFP Dacian Ciolos, président du groupe Renew Europe (libéraux et centristes).

Au contraire, l’ONG Climate Action Network (CAN) saluait jeudi une « avancée » encourageante. « La position de la commission Environnement doit être un signal d’alarme pour l’ensemble du Parlement, et au-delà pour les autres institutions européennes », a jugé Wendel Trio, directeur du CAN Europe, tout en estimant que seule une réduction de 65 % permettrait d’atteindre l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5°C maximum fixé par l’accord de Paris.

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