Elections régionales : Pourquoi les partis lancent déjà leur campagne

Une urne de vote. — SIPA

  • Les élections régionales auront lieu en mars 2021, dans cinq mois, en même temps que les élections départementales.
  • Les partis politiques sont d’ores et déjà en campagne pour cette échéance électorale, la dernière du quinquennat avant l’élection présidentielle de 2022.
  • Ce vote aura valeur de test pour les différentes formations, voire un tremplin pour certains candidats à l’Elysée.

Le scrutin n’a lieu que dans cinq mois, mais il est déjà dans tous les esprits chez les politiques. Les élections régionales se dérouleront en mars 2021 dans douze régions métropolitaines, ainsi qu’en Guadeloupe et à La Réunion – la Corse, la Martinique et la Guyane disposant d’un statut spécial. Les partis se mettent actuellement en ordre de bataille et certains candidats mènent déjà une campagne active. Pourquoi une telle hâte, alors que la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus et ses conséquences détournent pour l’heure bien des Français de cette échéance électorale ?

Parce que les partis (historiques) jouent gros

Les partis bien implantés localement, comme Les Républicains ou le Parti socialiste, mais en perte de vitesse au niveau national, ont besoin de remporter des victoires pour se maintenir à flot. Les deux camps règnent de façon quasi hégémonique sur les exécutifs régionaux, la droite présidant huit régions, et la gauche sept.

« Ce scrutin a une grande importance pour nous, soit qu’il confirme notre implantation locale et donc notre force territoriale, soit qu’il nous permette d’augmenter encore nos positions », assure Gilles Platret, vice-président de LR et chef de file pour le scrutin en Bourgogne-Franche-Comté. « Après nos succès des municipales, des sénatoriales et des législatives partielles, nous visons la conquête de nouvelles régions. »

« Bien que local, ce scrutin a aussi une dimension nationale », analyse Martial Foucault, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences po (Cevipof). Plusieurs partis vont d’ailleurs nationaliser ces élections. En plus de leur programme régional, les candidats LR mettront par exemple l’accent sur la santé et la sécurité. Même démarche du côté du PS : « Nous travaillons sur quelques thèmes nationaux qui seront présentés fin novembre », indique le porte-parole Pierre Jouvet. Chez LREM, on compte faire campagne sur le plan de relance économique.

C’est aussi pour nationaliser le scrutin que les partis se cherchent des têtes d’affiche pour mener leurs listes. Le nom du patron du MoDem, François Bayrou, circule dans la majorité, ceux des anciens ministres Najat Vallaud-Belkacem et Bernard Cazeneuve dans le camp socialiste, ou encore celui du député nordiste Ugo Bernalicis chez les Insoumis.

Parce que c’est un tremplin vers la présidentielle

La pression est d’autant plus forte qu’il s’agira des dernières élections avant le scrutin présidentiel de 2022. « C’est le dernier moment d’avoir un rapport de force entre partis », rappelle Martial Foucault, « même si la dynamique des élections régionales ne présage en rien celle de la présidentielle », notamment car l’abstention est traditionnellement plus élevée lors de ces scrutins intermédiaires. C’est le dernier test du quinquennat pour LREM et le Rassemblement national, tous deux en quête d’implantation locale et déçus par leurs résultats aux municipales.

Pour certains candidats, la pression est plus forte. C’est le cas notamment des présidents régionaux sortants de droite Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. S’ils veulent rester dans la course à l’Elysée, les deux présidentiables doivent engranger une victoire au printemps 2021. « Ma primaire, ce sera le scrutin régional », dit le président de la région Hauts de France. « Xavier Bertrand a besoin d’être réélu dans d’excellentes conditions pour donner de la crédibilité à sa candidature. Il devra donc faire mieux qu’en 2015, car à l’époque le PS s’était désisté au second tour pour faire barrage au Front national », souligne Martial Foucault.

A gauche, le scrutin servira aussi de dernier test pour une éventuelle alliance à la présidentielle. Le PS et EELV discutent, au cas par cas, d’alliances aux régionales et aux départementales. « L’enjeu est considérable, estime le politologue. S’ils mènent des listes distinctes, il y a de fortes chances qu’ils perdent. Mais faire des alliances pour ces scrutins locaux peut troubler la stratégie pour la présidentielle ». Pour Pierre Jouvet au PS, « la réussite de ces rassemblements est demandée par l’électorat de gauche et c’est une condition indispensable pour redonner un espoir et une optique de victoire au peuple de gauche en 2022 ».

Parce que la campagne pourrait être parasitée par le virus

Les formations politiques veulent aussi anticiper les difficultés de faire campagne dans le contexte sanitaire, après des élections municipales très perturbées par l’épidémie de coronavirus. « Ça va être compliqué, on essaie de penser des outils plus adaptés », confie-t-on chez LREM, alors que l’épidémie circule de plus en plus dans l’Hexagone. Ces scrutins étant déjà marqués par une abstention importante (50 % au premier tour des régionales en 2015), partir tôt en campagne laisse également plus de temps aux candidats pour mobiliser l’électorat.

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