France

Elections municipales 2026 : Des élus condamnés dès le premier tour

Louis Aliot (RN) a été reconnu coupable de « détournement de fonds publics » en mars 2025 et condamné à six mois de prison ferme et trois ans d’inéligibilité. Jean-Michel Baylet, 79 ans, a été réélu dimanche à la mairie de Valence d’Agen (Tarn-et-Garonne), malgré sa condamnation en appel en 2003 à six mois de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende pour abus de biens sociaux.

« Il ne faut pas beaucoup de probité, pour qu’un gouvernement monarchique, ou un gouvernement despotique, se maintiennent ou se soutiennent », affirmait Montesquieu en 1748, philosophe des Lumières et l’un des pères de notre modèle républicain et démocratique. Mais il ajoutait : « dans un état populaire, il faut un ressort de plus, qui est la vertu ». L’auteur de De l’Esprit des lois pourrait être surpris de voir le nombre de candidats aux élections municipales qui ont été définitivement condamnés ou qui font l’objet d’une mise en examen, ce qui signifie qu’il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable la commission d’une infraction à leur encontre. De nombreuses situations qui ne peuvent être détaillées en un seul article. Nous vous présentons ici les candidats condamnés par la justice et élus au premier tour, selon un décompte réalisé par 20 Minutes, avant de vous donner rendez-vous après le second tour pour la liste finale des maires élus déjà condamnés.

Louis Aliot (RN) à Perpignan (Pyrénées-Orientales)

Les personnalités politiques condamnées sont surreprésentées à droite et à l’extrême droite, comme l’a déjà démontré le site casier-politique.fr. Le maire de Perpignan, qui ouvre notre liste – classée par ordre alphabétique – est encarté au RN. Il a été reconnu coupable de « détournement de fonds publics » en mars 2025 et condamné à six mois de prison ferme et trois ans d’inéligibilité. Contrairement aux autres prévenus, le tribunal n’a pas prononcé d’application immédiate de sa peine, ce qui lui permet de rester en poste. Reste à savoir si la justice validera ou non son inéligibilité en appel en juillet.

Jean-Michel Baylet (PRG) à Valence d’Agen (Tarn-et-Garonne)

L’ancien ministre et patron de la Dépêche du Midi, Jean-Michel Baylet, 79 ans, a été réélu dimanche à la mairie de Valence d’Agen (Tarn-et-Garonne), où il a exercé pendant 30 ans. Les électeurs et électrices semblent ne pas avoir été rebutés par sa condamnation en appel en 2003 par le tribunal correctionnel de Paris à six mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende notamment pour abus de biens sociaux. Ni par l’enquête pour « viols » et « agressions sexuelles » sur mineur de moins de 15 ans, révélée en mars 2021 et classée sans suite le 17 janvier 2022 en raison de la prescription (ce qui n’implique pas que les faits n’aient pas eu lieu, mais indique que le délai pour les poursuivre est écoulé). Mouv’Enfants, une association de lutte contre les violences sexuelles faites aux mineurs, avait lancé une pétition en ligne appelant Jean-Michel Baylet à retirer sa candidature au titre du devoir d’« exemplarité » et d’« intégrité incontestable » des élus.

Bruno Bourjac (sans étiquette) à Sainte-Croix-du-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence)

Certe, ici la commune est bien plus petite (une centaine d’habitants) et donc les responsabilités moindres, mais les faits concernés sont graves. À Sainte-Croix-du-Verdon, un petit village des Alpes-de-Haute-Provence, un homme a été réélu maire avec 100 % des voix, faute de concurrent, bien qu’il ait déjà été condamné pour des faits de violence. Le 2 octobre 2025, Bruno Bourjac a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains de violences envers son fils de 11 ans, comme l’ont rapporté plusieurs médias locaux. Il a écopé de quatre mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans et d’obligations de soins. Selon l’audition de l’enfant, révélée par La Provence, le père aurait réveillé son fils en pleine nuit, à 2h30, et l’aurait pincé et mordu. L’enfant aurait également confié avoir « peur » de lui.

Jean-Christophe Lagarde (UDI) à Drancy (Seine-Saint-Denis)

Les affaires financières ne semblent pas rebuter les hommes politiques. On se souvient de Patrick Balkany, condamné à plusieurs reprises, et réélu trois fois comme maire de Levallois-Perret. Il en va de même pour l’ancien député-maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, qui vient de retrouver son poste malgré une condamnation en 2022 à dix mois de prison avec sursis et à deux ans d’inéligibilité. On lui reprochait d’avoir octroyé un emploi fictif d’assistante parlementaire à sa belle-mère entre mai 2009 et août 2010. L’homme est par ailleurs mis en examen, notamment pour escroquerie en bande organisée, dans l’affaire de la fausse information publiée contre les anciens députés LFI Alexis Corbière et Raquel Garrido. Ces derniers avaient été accusés à tort d’avoir employé une femme de ménage sans papiers dans un article paru dans l’hebdomadaire Le Point en 2022.

Si vous avez identifié d’autres personnes élues dès le premier tour des municipales et condamnées par la justice, vous pouvez nous le signaler à l’adresse [email protected].