Elections européennes: «L’intelligence des animaux n’est pas inférieure», «Stopper les cirques», «On vote pour le moins pire»… Nos lecteurs racontent pourquoi ils ont voté pour le Parti animaliste

Le parti animaliste surprend — ISA HARSIN

  • Le Parti animaliste a obtenu 2,2 % des voix aux élections européennes de dimanche.
  • Surprise de ce scrutin, il réalise un meilleur score que des listes portées par des candidats plus médiatiques comme François Asselineau, Florian Philippot ou Francis Lalanne.
  • Les électeurs qui ont expliqué à 20 Minutes pourquoi ils avaient fait ce choix mettent en avant leur volonté de prendre en compte la sensibilité des animaux, le respect de l’environnement… et leur déception de la politique traditionnelle.

Il ne parlait pas en son nom pour les élections européennes, mais est parvenu à se faire entendre. Avec 2,2 % des voix, le Parti animaliste a réussi à tirer son épingle du jeu dimanche soir. Fondé en 2016, le mouvement, dont la liste était menée par Hélène Thouy (avocate ayant défendu L214), a réalisé un meilleur score que des listes portées par des personnalités plus médiatiques (François Asselineau à 1,17 %, Florian Philippot à 0,65 % ou Francis Lalanne à 0,54 %). Et avec un beagle ou un chaton mis en avant sur ses affiches de campagne, le jeune parti avait clairement affiché la nature de son combat. 20 Minutes a donné la parole aux électeurs qui ont choisi cette voie, pour comprendre leurs motivations.

Respecter les animaux et l’environnement

« On reconnaît la grandeur et la valeur d’une nation à la manière dont celle-ci traite ses animaux ». Cette citation de Gandhi, les lecteurs de 20 Minutes sont nombreux à l’avoir rappelée. La considération des animaux en tant qu’ êtres sensibles est ainsi mise en avant, comme le souligne Leïla : « Leur intelligence n’est pas inférieure, elle est juste différente. » Jocelyne abonde : « Les animaux ont une âme, une conscience, ils sont plein de compassion, d’empathie et d’amour. » Autre explication, le sentiment de révolte que suscitent les cas de maltraitance animale. « Il faut arrêter l’utilisation des animaux à des fins de recherche, de même que pour l’amusement des touristes », lance ainsi Francine. Plus précisément, Régine énumère : « Nous devons stopper les cirques avec animaux, la corrida, la chasse à courre et les Marineland. » Avant que Gaelle ne synthétise : « Au XXIe siècle, nous continuons de considérer les animaux comme des objets, notamment les animaux d’élevage. Il est temps que nous passions d’une société de profit à une société de respect animal et environnemental. »

L’environnement se trouve également au cœur des témoignages reçus. Certains, comme Chloé, tirent la sonnette d’alarme en estimant qu’« il faut réagir rapidement, car les animaux sont le ciment de la biodiversité ». « Car cela touche aux problèmes environnementaux, aux problèmes de santé publique et de malbouffe », ajoute Frédéric. Et si Marina met en avant « la destruction massive de forêts » comme conséquence de l’élevage intensif, beaucoup d’internautes qui ont donné leur voix au Parti animaliste parlent plus directement de la consommation de viande. « La non-consommation de viande est pour moi le seul mode qui sauvera la planète et qui permettra une meilleure répartition des ressources », propose notamment Philippe. Nicolas, lui, avance une option plus modérée : « J’aime bien l’idée d’avoir toujours une alternative végétarienne dans les cantines, ça n’obligerait personne à arrêter tout en donnant la possibilité de découvrir des alternatives. »

Une volonté de légiférer

Pour réaliser ces idées, un cadre réglementaire doit être posé, estiment nos lecteurs. Ainsi, toujours selon Frédéric « les associations font un excellent travail, mais pour légiférer, il faudra forcément passer par la politique ». Laurine confirme cette nécessité : « La cause est particulièrement importante dans un contexte européen, notamment du fait de l’importance des lois, mais aussi par la politique agricole commune ». Nombreux sont ceux qui espèrent davantage de sévérité envers la maltraitance animale, comme Tim : « Les peines devraient être les mêmes que pour des crimes entre humains, ça en calmerait pas mal. » Alix, future avocate en droit animalier, envisage plutôt « d’attribuer un réel statut juridique pour les animaux ». Et pour que le Parti animaliste puisse peser davantage sur la scène politique, Jocelyne imagine une alliance : « J’espère que les Verts prendront quelques noms du jeune parti pour les aider dans leur mission. »

Des déçus de la politique

La politique, justement, a déçu beaucoup des électeurs qui se sont confiés à 20 Minutes. « J’ai voté Parti animaliste parce que tous les autres politiciens sont des menteurs et des manipulateurs, je ne leur fais plus confiance », raconte Christine. Comme elle, Nicolas a choisi les défenseurs des animaux par opposition aux formations traditionnelles : «   Les grands partis savent pertinemment qu’ils ne changeront rien, je ne voulais donner ma voix ni à LREM, ni au RN. » Quant à Claire, elle résume les explications de nombreux témoignages : « On vote pour le moins pire. Si je n’avais pas choisi les animalistes, je n’aurais pas voté du tout. »

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