Election municipale partielle à Trappes : Réélection d’Ali Rabeh dès le premier tour

Ali Rabeh peut se rasseoir dans son fauteuil à la mairie de Trappes. Ce proche du mouvement Génération.s de Benoît Hamon a été réélu dimanche maire de cette ville des Yvelines avec 58,36 % des voix dès le premier tour d’une élection partielle sous tension, réorganisée après l’annulation du scrutin de 2020.

« Ce soir, les Trappistes ont choisi de réélire Ali Rabeh », a reconnu dimanche soir son adversaire Othman Nasrou. Proche de Valérie Pécresse (Libres !), il était à la tête d’une alliance peu commune constituée avec l’ancien maire PS Guy Malandrin et a rassemblé 34,89 % des voix, selon les résultats définitifs communiqués par la préfecture des Yvelines.

Des accusations de « clientélisme »

Sur Twitter, Ali Rabeh s’est félicité dimanche soir d’une victoire « face à une droite zemmourisée et clientéliste » et d’une participation en hausse, à 41,59 %, contre 34,1 % en 2020. Il bat ainsi son rival de 1.361 voix. « Quelle fierté, merci aux Trappistes ! », a-t-il ajouté. « Nous n’avons visiblement pas réussi à convaincre qu’une alternative républicaine était possible », a pour sa part regretté Othman Nasrou dans son communiqué publié sur Twitter, « ni à bien expliquer le double jeu d’Ali Rabeh ou le danger des méthodes qu’il utilise ».

L’élection d’Ali Rabeh à 161 voix près en 2020 avait été annulée par la justice, qui lui reprochait d’avoir distribué, en pleine pandémie, 15.000 masques accompagnés pour certains de sa photo, sans que cette action n’ait été déclarée dans ses comptes de campagne. Dans cette commune populaire de 32.000 habitants marquée par les départs de dizaines de jeunes pour le djihad en Syrie, les accusations de « clientélisme » ont rythmé la campagne de part et d’autre.

Bayou et Mélenchon félicitent le vainqueur

Le maire invalidé Ali Rabeh dénonçait pendant la campagne la « dérive » de l’ex-maire PS Guy Malandrain (2001-2020), devenu numéro trois de la liste menée par Othman Nasrou. De son côté, ce dernier reprochait à Ali Rabeh un système « clientéliste » avec « des intimidations, des menaces, des pressions » qu’il aurait mis en place depuis son arrivée à la mairie en juin 2020.

La victoire d’Ali Rabeh a en outre été rapidement saluée dimanche soir par Julien Bayou, le patron des écologistes, et par Jean Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise, ce dernier estimant que « l’union de la droite et du PS est massivement rejetée. » Nadia Hai, la ministre déléguée à la ville et originaire de Trappes, a adressé ses « félicitations républicaines » au maire et « espère qu’après des mois de tensions, (…) les habitants vont enfin retrouver des débats politiques dignes et la sérénité qu’ils méritent ».