Egypte : Alaa Abdel Fattah a cessé sa grève de la faim

Le détenu politique égypto-britannique Alaa Abdel Fattah a écrit qu’il n’était plus en grève de la faim dans une lettre remise mardi à sa famille, qui espère le voir jeudi après avoir été privée de visite pendant un mois.

Dans cette missive datée de lundi, le blogueur prodémocratie, icône du Printemps arabe et bête noire du régime d’Abdel Fattah al-Sissi, qui aura 41 ans le 18 novembre, écrit : « J’ai mis un terme à ma grève de la faim » et « je veux fêter mon anniversaire avec vous jeudi, ramenez un gâteau ». Il n’explique pas pourquoi il a recommencé à se nourrir, affirmant seulement : « Je vous verrai au parloir et je vous dirai tout alors ».

« Que s’est-il passé à l’intérieur ? »

« Que s’est-il passé à l’intérieur ? Qu’est-ce qui a été négocié ? », s’interroge sa tante, la célèbre écrivaine Ahdaf Soueif sur Twitter. « N’oublions pas qu’Alaa n’a aucune idée du soutien qui l’entoure à l’extérieur. Il est en prison, sans autre information que celles que (ses geôliers) décident de lui donner. » « Je ne serai tranquille qu’une fois que ma mère et ma sœur auront vu Alaa de leurs propres yeux jeudi », a tweeté la soeur du détenu, Mona Seif.

A l’annonce de la fin de la grève de la faim du détenu, l’avocat Tarek El-Awadi, membre de la commission des grâces présidentielles en Egypte, a dit « espérer que l’Etat prendra rapidement des mesures pour le gracier ainsi que plusieurs autres condamnés ».

Pour dénoncer son incarcération et celle des 60.000 détenus d’opinion que compte l’Egypte selon des ONG, Alaa Abdel Fattah n’a avalé pendant sept mois que 100 calories par jour. Le 2 novembre, il avait cessé de manger et le 6 novembre, à l’ouverture de la COP27 en Egypte, il avait décidé de ne plus boire non plus.