Education à la sexualité : Un rapport de l’Inspection générale pointe les manquements de l’école

« Mieux intégrer l’éducation à la sexualité à la politique éducative », « formaliser fermement trois séances annuelles dédiées », « renforcer la formation des acteurs » : un rapport de l’Inspection générale de l’Education pointe les manquements de l’institution sur cette question.

Ce rapport intitulé « Education à la sexualité en milieu scolaire », révélé mardi par Médiapart et dont l’AFP a obtenu copie, avait été confié aux deux inspectrices générales Évelyne Liouville et Anne-Marie Romulus. Il a été remis en juillet 2021 au ministre de l’Education de l’époque Jean-Michel Blanquer, mais n’a jamais été rendu public.

Les séances d’éducation à la sexualité pas données

Il dresse un constat relativement sévère des actions menées par le ministère. Selon ce texte, « moins de 15 % des élèves bénéficient de trois séances d’éducation à la sexualité pendant l’année scolaire en école et au lycée (respectivement moins de 20 % en collège) », alors que ces trois séances sont prévues par la loi. Le ministre de l’Education, Pap Ndiaye, a affirmé sa volonté de remettre ce sujet sur la table. « La loi de 2001 nous enjoint de façon très claire de parler d’éducation à la sexualité », et « nous devons respecter la loi », a-t-il expliqué la semaine dernière sur France Info.

Selon le rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), qui établit une liste de recommandations, « il importe aujourd’hui de maintenir (l’éducation à la sexualité), de l’identifier clairement, de mieux la structurer, de l’améliorer et de lui donner une véritable place au sein du ministère de l’Education nationale, en concertation avec les ministères de la Santé, de l’Egalité entre les filles et les garçons et de la Protection de l’enfance », écrivent-elles.

L’importance de la formation

Le rapport propose, entre autres, « d’introduire les notions d’éducation à la sexualité dans les programmes officiels de certaines disciplines ; de formaliser fermement trois séances annuelles dédiées dans l’emploi du temps des écoles, collèges et lycées ; de prévoir une information systématique des parents par les équipes de direction lors de la rentrée scolaire ; d’encourager les recherches sur l’éducation à la sexualité et ses enjeux contemporains ou encore de mieux agréer les associations partenaires ».

Il insiste aussi sur la formation des acteurs avec l’idée de « renforcer le déploiement des formateurs académiques sur l’éducation à la sexualité, pour former à long terme tous les personnels d’enseignement, d’éducation, d’encadrement, d’inspection intervenant en établissement scolaire sur l’éducation à la sexualité ».