Ecolo, léger et amusant… Le Woodybus veut révolutionner le transport scolaire

Le premier en circulation réelle sillonnera les routes de Normandie, dès le mois d’avril. Et il est fort à parier que ce drôle de véhicule, destiné à « décarboner les trajets scolaires », ne passe pas inaperçu. Il faut dire que le Woodybus, ce vélobus électrique en bois aux faux airs de rosalie, peut filer jusqu’à près de 20 km/h avec huit enfants à bord en plus du chauffeur. Et qu’en plus, ici, tout le monde pédale ! Obtenue en fin d’année dernière, son homologation a nécessité de nombreux tests de sécurité. « A notre connaissance, c’est une première en France, justifie Jean-François Robert, codirigeant de la start-up nantaise Humbird. Il y a un fort besoin de réduire l’empreinte écologique, notamment dans ce domaine. Le problème est que la réglementation pour autoriser ce genre de véhicule à circuler sur les voies cyclables est très stricte. »

Pendant plusieurs années, cet ingénieur jusqu’alors spécialisé dans les motos de course a donc planché pour concevoir un engin aux caractéristiques optimales. Avec son petit poids (200 kg, assistance comprise) et son format plutôt compact (1m15 de large et 3m50 de long), le Woodybus fonctionne avec deux batteries, un système de transmission innovant en cours de brevetage, des panneaux solaires sur le toit, et propose pédaliers indépendants et même une fonction marche arrière.

Pratique pour le ramassage scolaire, pour lequel il est aujourd’hui opérationnel pour de courts trajets. « Dans certains secteurs, on déplace un bus pour quelques kilomètres et quelques élèves, ce qui est vraiment dommage, observe Jérémy Jeusset, le second codirigeant, qui s’est lancé dans l’aventure après une expérience professionnelle dans le vélo cargo. Notre solution est plus vertueuse, et permet en plus de motiver les enfants. Ils dépensent leur énergie pour se déplacer, tout en discutant et en s’amusant avec les copains. »

Une quarantaine de véhicules déjà commandés

Dans quelques jours, l’assemblage des premiers véhicules va commencer sous la grande halle de la S Factory (un nouvel espace de coworking nantais dédié à l’innovation et à la production durable) où arrive notamment le bois, du pin maritime venu de Nouvelle-Aquitaine. Un matériau « bien plus léger et moins polluant que l’aluminium », qui donne en plus à l’engin « un petit supplément d’âme à la Léonard de Vinci », s’amuse le créateur.

S’il ne faut pas traîner à commencer la fabrication, c’est que la communauté de communes Seine-Eure a déjà commandé une quarantaine de vélobus sur quatre ans, après une expérimentation d’un autre véhicule hollandais qui n’a, lui, pas reçu l’homologation nécessaire. Selon les dirigeants d’Humbird, plusieurs autres collectivités ont déjà montré des signes d’intérêt comme la métropole de Grenoble, « à qui nous allons proposer un véhicule en location pour qu’elle puisse tester la pertinence du service ».

L’entreprise table ainsi sur une production d’une trentaine de Woodybus pour 2023 (vendu 19.500 euros HT) , pour laquelle elle va embaucher un salarié. Les deux inventeurs travaillent déjà à une version « adulte », peut-être avec deux places de moins pour qu’il y ait suffisamment de place pour les jambes, qui pourrait séduire les parcs d’attractions ou sites touristiques.