Droits LGBT en Hongrie : La Commission européenne avertit une nouvelle fois Budapest

La Hongrie est une fois de plus sous le feu des critiques de ses partenaires européens. Bruxelles a lancé mercredi un nouvel avertissement à Budapest pour que les autorités renoncent à la loi accusée de discriminer les personnes LGBT​. Dans le cas contraire, une procédure pourrait être déclenchée pouvant conduire à des sanctions.

Budapest doit donc désormais répondre à une lettre de la Commission européenne qui lui a exposé ses préoccupations juridiques sur un texte qu’elle juge « discriminatoire » et contraire aux valeurs européennes. « Nous attendons la réponse des autorités hongroises (…), de préférence l’annonce que cette loi n’entrera pas en vigueur, ce qui serait mon vœu le plus cher », a déclaré la vice-présidente de la Commission Vera Jourova. « Si la réponse n’est pas satisfaisante (…) nous n’hésiterons pas à lancer l’étape suivante qui peut aller jusqu’à la Cour européenne de justice et à des sanctions financières dans l’avenir ».

Les finances hongroises ne seront pas touchées

Interrogée sur la possibilité de déclencher le nouveau mécanisme, fruit d’un compromis, adopté en 2020, la commissaire chargée des valeurs et de la transparence a répondu clairement « non ». Ce mécanisme très encadré permet à l’UE de suspendre ou restreindre l’accès d’un État membre aux financements européens en cas de violations de l’État de droit. Au grand dam du Parlement européen, il n’est pas encore en application, les Etats membres ayant accepté d’attendre la décision de la Cour de justice de l’UE sur sa validité, après un recours de Budapest et Varsovie.

La loi hongroise, qui devrait probablement entrer en vigueur courant juillet, a été qualifiée de « honte » par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et avait valu au Premier ministre hongrois Viktor Orban une salve de critiques lors du dernier sommet de l’UE. La loi prévoit que « la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans ».

Un « diktat » selon Orban

Mercredi, à l’occasion d’un déplacement en Pologne, le Premier ministre a exigé du « respect » de la part de ses partenaires. « On ne peut pas accepter que d’autres pays membres de l’UE nous disent comment nous devons élever les enfants hongrois », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune des Premiers ministres des quatre pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie). « On ne peut pas accepter qu’un pays quelconque de l’UE nous dise qu’il faut mettre à genoux un des pays du groupe de Visegrad. Il faut mettre un terme à ce diktat », a insisté le chef du gouvernement hongrois. Il faisait alors référence à des propos de Mark Rutte, Premier ministre néerlandais, qui avait affirmé jeudi dernier à Bruxelles vouloir « faire plier » la Hongrie sur cette loi controversée.