Droits humains : La Chine et la Russie pour la première fois mises en accusation devant l’ONU

Une première. La Russie et désormais la Chine, deux des membres permanents du Conseil de sécurité, sont pour la première fois visées par des projets de résolution devant le Conseil des droits humains de l’ONU.

Les pays occidentaux et leurs alliés hésitaient depuis plusieurs mois à s’en prendre à ces poids lourds de la scène mondiale, craignant de ne pas parvenir à construire une alliance assez forte pour faire approuver les textes à la majorité des 47 Etats membres du Conseil. Mais les ONG ont exercé des pressions croissantes pour que le plus haut organe onusien de défense des droits humains s’intéresse à la Russie et à la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de Chine, où Pékin est accusé de commettre des crimes contre l’humanité.

C’est une « étape modeste mais essentielle », a réagi John Fisher de l’ONG Human Rights Watch.

Incertitudes sur l’issue du vote

Le projet de résolution fait à la suite de la publication le 31 août d’un rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme sur le Xinjiang qui évoque de possibles « crimes contre l’humanité » et des « preuves crédibles » de tortures et de violences sexuelles et appelle la communauté internationale à agir. Depuis plusieurs années, la Chine est accusée – preuves matérielles et documents à l’appui – par des pays occidentaux et des organisations de défense des droits de l’homme d’avoir enfermé au Xinjiang plus d’un million de Ouïghours et d’autres membres de minorités musulmanes, y compris des Kazakhs, dans des camps.

Pour la Russie, la résolution s’inscrit dans un contexte d’inquiétude face à l’intensification de la répression dans le pays, alors que la guerre fait rage en Ukraine.

Les deux résolutions seront soumises au vote des 47 États membres du Conseil le 6 ou le 7 octobre. Mais l’issue des scrutins reste incertaine. Sans surprise, la Russie et la Chine ont reçu lundi pendant les débats le soutien de pays tels que Cuba et le Venezuela, fermement opposés à toute ingérence du Conseil.

D’autres pays, tels que le Pakistan, pourtant à majorité musulmane, ont également soutenu que la question du Xinjiang reste une « affaire intérieure ».