France

Drogue à Marseille : « Pas de consommateurs, pas de dealer » dans une opération policière

Ce mercredi à Marseille, des opérations de répression des consommateurs de drogue ont été lancées par les autorités, notamment avec 1.200 policiers contrôlant les passants et voyageurs dans 159 lieux du département durant les deux jours à venir. La préfète Corinne Simon a annoncé qu’un « nouveau volet de lutte contre les consommateurs » sera ouvert en 2026, alors que 16.000 amendes forfaitaires délictuelles ont été distribuées en 2025 pour détention ou usage de stupéfiants.

« Bonjour, contrôle de police ». Cette scène, incluant des palpations habituelles, s’est produite plus souvent que d’habitude ce mercredi à Marseille, où les autorités ont lancé d’importantes opérations de répression contre les consommateurs de drogue.

Suite aux opérations Place nette, puis à leur version XXL, suivies des actions Jumbo, qui visaient principalement à perturber les trafics de drogues et les points de deal, la préfecture de Marseille étoffe son arsenal de lutte contre le narcotrafic en annonçant « en 2026 un nouveau volet de lutte contre les consommateurs », a déclaré la préfète déléguée Corinne Simon depuis le quartier des Réformés.

Zackari, son fond de pochon et ses longues feuilles à 200 euros

« Les consommateurs, même occasionnels, doivent comprendre qu’à chaque fois qu’ils achètent du produit, ils participent au trafic. Le Président l’a dit, le ministre de l’Intérieur l’a rappelé. Si je n’ai plus de consommateurs, je n’ai plus de dealer », a résumé la préfète présente pour le faire savoir. Pendant ce temps, des policiers – en plus de 1.200 autres fonctionnaires répartis dans 159 lieux du département au cours des deux jours suivants – contrôlent les passants et voyageurs sortant du tramway ou du métro.

Zackari* sort du tramway. Il se voit attribuer une convocation judiciaire et une amende forfaitaire délictuelle de 200 euros pour possession de drogue, sa toute première, selon ses dires. « J’avais un résidu [de fumette] dans un pochon et des longues feuilles, je suis dégoûté, c’est un délit de faciès », se plaint le jeune homme de 20 ans, cariste dans un entrepôt logistique en périphérie de Marseille.

Avec quatre amis de sa cité Jean-Jaurès, dans les quartiers nord, ils étaient venus passer la fin de journée aux Réformés et dans un cinéma. « Si au moins ça servait à réparer les ascenseurs du bâtiment, ce serait bien », murmure-t-il en rangeant, de manière désordonnée, sa convocation dans sa sacoche. « Et Macron va mettre l’amende à 500 euros ? Ils veulent qu’on fasse des heures de nuit au quartier ou quoi », ironise-t-il.

Le boucher satisfait

Plus loin sur l’avenue des Réformés, Bernard observe les opérations depuis la vitrine de sa boucherie : « Ils devraient faire ça tous les jours », approuve le commerçant, installé ici depuis onze ans. « Pas trop le matin, c’est plutôt tranquille mais avoir au moins une patrouille présente l’après-midi », commente le quinquagénaire. Son voisin de boutique, un propriétaire de snack, est lui plus réservé : « C’est bien oui, oui », répète-t-il.

La présence relativement massive mais soudaine d’effectifs de police suscite aussi l’intérêt de quelques curieux et la méfiance de certains face à cette montée de la force de l’ordre dans ce quartier animé. Un « quelle hypocrisie ! » se fait entendre, tandis qu’un adhérent de Médecins du monde souhaite interroger directement la préfète sur un éventuel volet sanitaire, alors que les effets des addictions au crack deviennent de plus en plus visibles à Marseille et dans ses centres-villes.

Dans l’immédiat et avec l’objectif de réduire les trafics à terme, la police met donc en place ces opérations de ratissage, « partout, dans les tramways, métros, les trains, les rues, les abords des établissements scolaires, les gares, sur les routes » avec des contrôles de dépistage opérés par la police et la gendarmerie, sur 23 communes du département durant les prochaines 72 heures.

« Ces opérations auront lieu régulièrement tous les mois et parfois plusieurs fois par mois », prévient la préfète Corinne Simon, alors que les policiers et gendarmes des Bouches-du-Rhône ont distribué en 2025 16.000 amendes forfaitaires délictuelles (AFD) et suspendu près de 2.200 permis pour détention ou usage de stupéfiants.