France

Doubs : Un bûcheron accusé de chantages à la sextape sur 40 adolescents.

Un jeune bûcheron de 25 ans, qui se faisait passer pour une femme, est jugé à partir de ce lundi à Besançon pour viols et agressions sexuelles commis auprès de 43 jeunes, dont 41 garçons et deux filles, entre 2018 et 2023. L’audience devant la cour criminelle du Doubs est programmée jusqu’au 27 mars, date à laquelle la cour décidera si les débats se tiendront à huis clos.


Les accusations portées sont sérieuses et concernent en majorité des victimes mineures. Un jeune bûcheron, se faisant passer pour une femme, a persuadé plus de 40 adolescents de lui envoyer des photos et vidéos intimes, et a parfois obtenu des faveurs sexuelles, allant jusqu’à commettre des viols en menaçant de diffuser ces contenus. Ce jeune homme est jugé à partir de ce lundi à Besançon et risque vingt ans de réclusion criminelle.

Âgé de 25 ans et actuellement en détention, l’accusé reconnaît les faits reprochés. Il est poursuivi pour viols, agressions sexuelles, harcèlement sexuel et atteintes à la vie privée, en lien avec 43 jeunes (41 garçons et deux filles) provenant de son entourage scolaire, amical ou professionnel.

Les actes ont été commis entre 2018 et 2023. Parmi les victimes, sept adolescents ont signalé avoir été victimes de viols, a précisé à l’AFP le substitut du procureur de Montbéliard, Jérémy Lhadi, qui représentera le ministère public lors de ce procès prévu pour durer trois semaines.

L’enquête a commencé en 2021 dans un petit village du nord du Doubs, lorsqu’un garçon a dénoncé des agressions sexuelles de la part de l’accusé, qui suivait alors une formation en bûcheronnage. Dans le téléphone et l’ordinateur du suspect, les gendarmes ont trouvé « des dossiers nominatifs, avec des photos et des vidéos des victimes, ad nauseam », a rapporté un magistrat. Les enquêteurs ont décrit un mode opératoire récurrent : sous un profil féminin qu’il avait créé sur les réseaux sociaux, le jeune homme contactait des garçons de son entourage plus ou moins proches.

Les échanges lui permettaient d’obtenir « des photos intimes d’eux, nus ou en train de se masturber », puis il menaçait certains de diffuser ces images s’ils refusaient d’avoir des relations sexuelles avec lui. « Il a réussi à attirer un certain nombre de jeunes dans ses filets », a observé le représentant du parquet, qui a évoqué des victimes « ravagées ». La grande majorité des victimes n’a pas souhaité se constituer parties civiles, mais elles sont appelées à témoigner.

Aujourd’hui âgées de 20 à 25 ans, ces victimes « ne veulent plus entendre parler » des faits qu’elles ont subis, et beaucoup se disent « anéanties par la honte, alors qu’il n’y a pas lieu » de se sentir ainsi, a déclaré à l’AFP Me Jean-Baptiste Euvrard, l’avocat de quatre victimes, dont le premier garçon à avoir déposé plainte.

L’audience devant la cour criminelle du Doubs est programmée jusqu’au 27 mars. La cour décidera lundi, en fonction des demandes des parties civiles, si les débats se dérouleront à huis clos.