Doubs : Quinze ans de prison pour le meurtre d’un videur de boîte de nuit

Une avocate en train de plaider (illustration) — Jean-Marc Quinet/ISOPIX/SIPA

Un homme de 26 ans a été condamné vendredi par la cour d’assises du Doubs à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir mortellement poignardé un videur de discothèque qui avait refusé l’accès à l’un de ses amis, complice, qui a été condamné à dix ans de réclusion. Quatre autres accusés, reconnus coupables de « complicité de meurtre », ont écopé de peines allant de trois à huit ans de prison.

Le 23 avril 2017, vers 3 h 00 du matin, Mamadou Diedhiou, 35 ans, videur de la discothèque le Styl, au centre-ville de Besançon, avait été tué d’un coup de couteau porté au cœur. Une vingtaine de minutes plus tôt, il avait refusé l’entrée à Fahrat Cid, un habitué des lieux qui ne voulait pas s’acquitter des 5 euros réglementaires. S’estimant « humilié », après avoir été pris par le col par le videur, il avait appelé son frère, venu lui prêter main-forte avec quatre autres personnes.

Jusqu’à vingt ans requis

Les six hommes avaient encerclé et frappé Mamadou Diedhiou et l’un d’eux, Hichem Djebaïli, 26 ans, avait sorti un couteau de sa poche, frappant la victime au cœur. « Mamadou Diedhiou n’a, à aucun moment, eu la capacité de se défendre », a estimé l’avocate générale Margaret Parietti, avant de requérir des peines de dix-huit mois à vingt ans de réclusion criminelle.

« Pourquoi j’ai eu ces gestes envers Mamadou Diedhiou ? Il ne m’avait rien fait… », s’est interrogé à l’audience l’auteur des coups de couteau, qui s’est dit « désolé ». Son avocat, Julien Charle, a plaidé « la bonne foi » et l’absence d’intention de tuer de son client, qui s’était rendu de lui-même au commissariat quelques heures après les faits. « Le geste, c’est le sien, il l’a reconnu, les conséquences sont involontaires », a-t-il assuré.

Verdict sous tension

Fahrat Cid est « l’instigateur », a relevé Margaret Parietti, « je le mets en tête des complices de meurtre, parce que c’est l’élément déclencheur », qui a appelé les autres pour « une expédition punitive » contre Mamadou Diedhiou. Pour l’avocate de la famille de la victime, Sandrine Arnaud, « toutes ces personnes ont contribué à la mort de Mamadou Diedhiou », un homme « si affectueux, si gentil, si doux », qui est tombé sous « un déchaînement de violence ».

A l’énoncé du verdict, des policiers ont dû intervenir pour calmer les familles qui en sont presque venues aux mains, en se rejetant la responsabilité du drame.

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