France

Double féminicide de l’Aveyron : informations sur Cédric Prizzon, ancien policier.

Cédric Prizzon, âgé de 42 ans, a été interpellé en possession d’un fusil à pompe, de faux papiers, de plusieurs jeux de fausses plaques et de 17.000 euros en liquide. En octobre 2023, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Rodez à 18 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans pour harcèlement moral.


Il était l’homme le plus recherché en France suite à la disparition d’une mère et de son fils en Aveyron. Cédric Prizzon, ancien policier présumé du meurtre de sa compagne et de son ex-conjointe, dont les corps ont été découverts enterrés au Portugal, a été interpellé et incarcéré. Qualifié de violent, il entretenait une rancœur profonde envers la mère de son fils aîné et la justice française. Qui est réellement Cédric Prizzon ? Voici un récapitulatif des informations connues.

Cédric Prizzon, âgé de 42 ans, était sans emploi au moment des événements, mais avait brièvement été policier. Il est aussi un joueur de rugby à XIII de haut niveau, formé au Toulouse Olympique XIII. Après avoir été sélectionné dans plusieurs catégories de jeunes de l’équipe de France, il a joué pour le club londonien London Skolars avant de signer en 2011 à Villefranche-de-Rouergue, dans l’Aveyron, où il s’est installé près de Savignac, à proximité de Vailhourles.

La famille de son ex-conjointe, Audrey Cavalié, se dit aujourd’hui « effondrée », comme l’a rapporté une amie à l’AFP, tout en précisant qu’ils s’y attendaient. « C’est affreux parce qu’ils espéraient que jamais [cela n’arriverait], mais l’issue ne pouvait pas être autre. »

Cédric Prizzon était décrit comme ayant un « côté bagarreur, le côté sanguin, le côté qui aimait faire mal », selon ses proches. Il multipliait les « bagarres » en tant que videur de boîte de nuit et se vantait parfois d’avoir « fait saigner un autre ».

Après sa relation avec Audrey Cavalié, mère de son fils, leurs relations se sont détériorées, culminant en septembre 2020 lors d’une dispute où ils se sont infligé mutuellement des coups de couteau, ce qui leur a valu une peine de 6 mois avec sursis. À l’été 2021, il a transgressé le système de garde alternée établi en emmenant son fils en Espagne pendant plusieurs semaines. Arrêté par les forces de l’ordre, il a été déchu de son droit de garde et condamné à 9 mois de prison pour « non-représentation d’enfant », peine aménagée avec un bracelet électronique.

En 2022, il a écopé de 6 mois de sursis pour menaces de mort envers Audrey, et en octobre 2023, le tribunal correctionnel de Rodez l’a condamné à 18 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire de deux ans pour harcèlement moral. Il avait un droit de visite médiatisé pour voir son fils, par le biais d’une association.

Cédric Prizzon nourrissait une obsession contre la justice, qu’il considérait comme « corrompue ». Sur son compte Instagram, où sa dernière publication était datée du 6 octobre 2025, il alternait photos de voitures et images de lui soulevant des poids. Sur Facebook, il dénonçait quotidiennement, ces dernières années, ce qu’il percevait comme une « corruption » judiciaire. Il répétait que la mère de son fils « force notre enfant à mentir », selon des messages consultés par l’AFP.

« Dans ce pays, dès qu’on dénonce des choses qui ne vont pas, on n’a plus le droit de parler et on nous dit que c’est de la diffamation et du harcèlement moral », affirmait-il dans une vidéo. « S’il le faut, je vais foutre le bordel au niveau national », avait-il également averti. Il avait organisé plusieurs manifestations avec d’autres pères ayant perdu leur droit de garde devant le tribunal de Rodez et la mairie de Villefranche-de-Rouergue.

Cédric Prizzon a été entendu jeudi par un juge du tribunal de Vila Nova de Foz Côa, où il a été placé en détention provisoire à l’établissement pénitentiaire de Guarda. « La procédure entre maintenant dans la phase d’instruction de l’enquête auprès du ministère public », a précisé une source judiciaire portugaise interrogée par l’AFP.

Il avait été arrêté mardi lors d’un contrôle routier, en possession d’un fusil à pompe, de faux papiers, de plusieurs jeux de fausses plaques et de 17 000 euros en liquide. D’après des médias portugais, il aurait d’abord tué Audrey Cavalié, 40 ans, puis Angela Legobien, 26 ans, sa compagne actuelle, qui lui demandait de se rendre. Les autorités françaises devraient bientôt soumettre une demande de transfert de Cédric Prizzon vers la France. Ses enfants devraient être rapatriés et pris en charge par leurs familles dans un avenir proche.