Deux refuges du Mont-Blanc fermés pour protéger les alpinistes « qui se croient à Disneyland »

« Ils s’en foutent, ils se moquent de nous, des gendarmes, et c’est la raison pour laquelle on a décidé de fermer… » Face au danger de mort que représentent de nombreuses chutes de pierres dues à la sécheresse sur le Mont-Blanc, le maire de Saint-Gervais (Isère) a annoncé la fermeture des refuges du Goûter (120 places) et de la Tête rousse (74 places) ainsi que le camp de base qui autorise entre 40 et 50 campements.

« Aujourd’hui, on voit des alpinistes toute la journée qui vont sur le massif, en permanence, comme si on était à Disneyland ou au Parc Astérix », s’indigne Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, commune du sommet du Mont-Blanc.

Il entend ainsi « bien montrer qu’il n’y a plus de logement » sur l’ascension du toit de l’Europe. « Quand bien même on avait déconseillé l’ascension, (jeudi) soir, 79 personnes étaient au refuge (du Goûter) », a-t-il ajouté.

Catastrophe annoncée

Cette décision a été prise en raison de la dangerosité que représente l’ascension du Mont-Blanc depuis plusieurs semaines compte tenu de la sécheresse, de la période de canicule et des importantes chutes de pierres que cela provoque, selon le maire de la commune de 5.700 habitants.

Leur nombre de plus en plus important est un indicateur de l’évolution du climat. « On va vers une catastrophe », alerte l’édile, et « le passage du couloir du Goûter représente un vrai danger de mort ».

Jusqu’en septembre

Alors que l’ascension est déconseillée depuis la mi-juillet, de nombreux alpins font fi des recommandations et se rendent quand même sur le plus haut sommet d’Europe occidentale. En accord avec les gardiens des refuges, le président des guides de Saint-Gervais et la préfecture, cette mesure sera en vigueur jusqu’à ce que « les conditions redeviennent normales », sans doute pas avant début septembre conclut le maire saint-gervolain.

Mercredi, Jean-Marc Peillex avait annoncé son intention d’exiger une caution de 15.000 euros aux alpinistes qui irait à l’encontre des recommandations, basés sur la moyenne du coût d’une opération de secours en montagne et des prix pratiqués par les pompes funèbres, bien qu’il n’ait aucun moyen de la demander juridiquement.