Déserts médicaux : Une nouvelle loi pour un accès direct aux infirmiers, aux kinés et aux orthophonistes

Pour lutter contre les déserts médicaux, une loi vient d’être adoptée : celle du député Renaissance Stéphanie Rist. Voté jeudi à l’unanimité en première lecture, avec l’abstention du RN et de LR, ce texte permet l’accès direct à certains infirmiers, kinésithérapeutes et orthophonistes, malgré les protestations des médecins.

Il sera examiné par le Sénat le 14 février et « redit que le médecin généraliste est au centre du parcours », mais permet « qu’il ne soit pas le premier vu en consultation, mais peut-être le deuxième », a expliqué la députée Stéphanie Rist. Ce n’est « pas une fin en soi mais la première marche de la refondation de notre système de santé », a souligné le ministre de la Santé François Braun dans l’hémicycle.

Les infirmiers désormais autorisés à prescrire certains médicaments

Très remonté, le collectif « Médecins pour demain », en pointe dans la récente grève des libéraux, a écrit aux élus et préfets pour s’émouvoir que « des actes médicaux soient réalisés par des professionnels non-médecins ».

La proposition de loi vise notamment à élargir les missions des infirmiers en pratique avancée (IPA), un statut créé par la loi Touraine de 2016 puis un décret en 2018. Ils seraient désormais autorisés à faire certaines prescriptions de soins et médicaments. Les patients pourraient se rendre chez ces soignants sans passer par un médecin, mais toujours dans le cadre d’un « exercice coordonné » avec ce dernier.

Un nouveau statut d’assistant en médecine bucco-dentaire

L’Assemblée a aussi adopté un amendement du gouvernement pour autoriser l’ensemble des infirmiers à prendre en charge les plaies, en coordination avec un médecin, après une formation dédiée.

La proposition de loi permet également un « accès direct » aux kinésithérapeutes et orthophonistes exerçant dans des établissements de santé. Dans la même logique, le texte renforce les prérogatives des assistants dentaires, avec un nouveau statut d’assistant en médecine bucco-dentaire. Les pédicures podologues pourront prescrire des orthèses plantaires, et les opticiens adapter une prescription des ophtalmologues.

Le pharmacien pourrait renouveler les traitements chroniques pour une durée maximale de trois mois, lorsque le médecin prescripteur n’est pas disponible.