Des raids aériens dans le ciel du sud de la France pour un vaste exercice militaire

Attention, le Greyland s’apprête à lancer une vaste offensive militaire. Objectif : protéger les populations civiles contre les forces armées du Redland, qui veut annexer l’Auvergne, une région du Greyland…

Ce scénario fictif établi par le CEAM, Centre d’expertise aérienne militaire, est le point de départ d’un vaste exercice militaire qui va démarrer lundi prochain, et qui doit permettre de préparer au combat les forces de l’armée de l’Air et de l’Espace. L’exercice Volfa durera trois semaines, jusqu’au 15 octobre, et va réunir sur le terrain une cinquantaine d’aéronefs (avions de combat, avions de transport et d’assaut, hélicoptères, drone, avions de détection et de commandement…) et quelque 750 aviateurs. Ces moyens seront déployés sur deux bases aériennes, la BA 118 de Mont-de-Marsan (Landes) pour les avions de chasse et de transport, et la BA 120 de Cazaux (Gironde) pour les hélicoptères.

Quelque 25 missions complexes, de jour comme de nuit

« L’exercice se déroulera essentiellement dans le Sud-Ouest [Corrèze, Creuse, Gironde, Landes, Tarn-et-Garonne, Gers et Haute-Vienne] et le Massif Central, et nous effectuerons environ 25 missions complexes, de jour comme de nuit, pour s’entraîner avec des modes d’action différents, que ce soit de la chasse pure jusqu’à la dépose de commando en passant par le parachutage de troupes. Tout le spectre des opérations aériennes quoi », explique à 20 Minutes le colonel Gilles, directeur de l’exercice Volfa.

On devrait donc voir quelques avions dans le ciel dans cette partie de la France dans les prochaines semaines, puisqu’il est prévu deux vols par jour, ainsi que des vols de nuit les mardis et les jeudis. Beaucoup d’exercices se dérouleront toutefois au-dessus de l’Atlantique, une zone beaucoup moins restrictive notamment pour le vol supersonique.

Exercice à tirs réels dans le camp militaire de Captieux

Les nouveaux matériels équipant les forces aériennes figureront en bonne place, avec notamment le Rafale F3R, l’A400M Atlas, le C130J Super Hercules ou encore le drone Reaper. On trouvera aussi des Mirage 2000, un avion de détection et de contrôle Awacs et des hélicoptères Caracal et Fennec. « Nous aurons également une participation étrangère avec des Eurofighters allemands, un avion de transport et des hélicoptères canadiens. »

Cela, c’est pour les airs. Au sol, trois systèmes de défense sol-air Mamba (des camions avec des missiles très longue portée) utilisés pour défendre des points sensibles ou accompagner les forces terrestres, seront aussi déployés. « Cela nous permet de faire ce que l’on appelle une bulle de défense aérienne autour d’un point. » Ces exercices se dérouleront avec des tirs réels, sur le champ de tir de Captieux, qui se situe à cheval sur la Gironde et les Landes.

« Placer nos opérateurs au plus près de la réalité »

« Notre scénario va se dérouler en trois phases, poursuit le colonel Gilles : l’idée sera dans un premier temps de reprendre la supériorité aérienne pour libérer la zone contestée. Puis l’adversaire va riposter, nous aurons donc des phases plus défensives. Nous allons aussi perdre des avions, et nous devrons pour cela monter des missions afin de récupérer des équipages éjectés en zone ennemie… »

Le but de cet exercice Volfa, qui est une première sous cette forme, « est de préparer nos forces aériennes, du commando à l’opérateur sol-air en passant par le pilote de chasse, aux opérations de demain. »

Le colonel Gilles explique en effet que « nous voulons placer nos opérateurs au plus près de la réalité » et pour cela, « on doit s’entraîner à la haute intensité, c’est-à-dire en simulant un conflit avec un adversaire qui serait bien mieux équipé que ce que l’on a pu connaître dernièrement, en Afghanistan par exemple où l’on était plus sur de la logique contre-insurectionnelle. Là, on veut faire face à une force aérienne qui serait symétrique à la nôtre, et qui nous poserait des problèmes. On s’entraîne vraiment dans cette optique-là, pour des conflits à venir sans doute plus durs. » Un risque qui, lui, n’est pas fictif.