Des milliers de manifestants à Copenhague disent « non » à Trump concernant le Groenland.
Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés ce samedi à Copenhague, au Danemark, pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump concernant le Groenland. Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85 % des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis, tandis que seuls 6 % y sont favorables.
Les Danois poursuivent leur défense de leur territoire. Ce samedi, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés à Copenhague, au Danemark, pour dénoncer les ambitions territoriales de Donald Trump, qui continue d’afficher son désir de s’emparer du Groenland. Sous un ciel gris et brumeux, les manifestants, brandissant des drapeaux groenlandais et danois, formaient une marée rouge et blanche sur la place de l’hôtel de ville, scandant le nom du Groenland en groenlandais : « Kalaallit Nunaat ! ».
Des pancartes étaient levées par les manifestants sur lesquelles on pouvait lire « Make America Go Away », une parodie du slogan Maga, ou encore « Les États-Unis ont déjà trop de glace » (« USA already has too much ice »). D’autres manifestations sont prévues dans ce pays scandinave, à Aarhus (centre), Aalborg (nord) et Odense (sud), sous l’initiative de plusieurs organisations groenlandaises.
« C’est important pour moi d’y participer, car il s’agit fondamentalement du droit du peuple groenlandais à l’autodétermination. On ne peut pas être intimidé par un État, par un allié. C’est une question de droit international », a évoqué Kirsten Hjoernholm, 52 ans, employée de l’ONG Action Aid Danemark, présente à la manifestation de Copenhague ce samedi.
L’administration Trump persiste. Depuis son retour au pouvoir, il y a un an, Donald Trump évoque régulièrement la prise de contrôle de l’immense île arctique rattachée au Danemark, stratégique mais peu peuplée. Il a assuré qu’il s’en emparerait « d’une manière ou d’une autre », pour contrer selon lui les avancées russes et chinoises en Arctique.
Vendredi soir, son proche conseiller Stephen Miller a réaffirmé les positions américaines sur ce territoire. « Le Groenland est grand comme un quart des États-Unis. Le Danemark, sans lui manquer de respect, est un petit pays avec une petite économie et une petite armée. Il ne peut pas défendre le Groenland », a-t-il déclaré sur Fox News.
Les manifestations de ce samedi interviennent trois jours après une réunion à Washington où les autorités danoises ont constaté qu’il n’était pas possible de s’accorder dans l’immédiat avec les dirigeants américains sur l’avenir du territoire autonome. Alors que plusieurs dirigeants européens ont exprimé leur soutien au Danemark, membre fondateur de l’Otan, le président américain a menacé vendredi d’imposer des droits de douane aux pays qui ne soutiendraient pas son plan d’acquisition du Groenland.
Un appel à manifester à Nuuk, la capitale du Groenland, a également été lancé pour ce samedi à 15 heures GMT (16 heures en France). Sur la page Facebook de l’événement, environ 900 personnes ont indiqué leur intention d’y participer, dans un territoire qui compte environ 57 000 habitants. Selon le dernier sondage publié en janvier 2025, 85 % des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux États-Unis. Seuls 6 % y sont favorables.
La France, la Suède, l’Allemagne et la Norvège, rejoints par les Pays-Bas, la Finlande, la Slovénie et le Royaume-Uni, ont annoncé cette semaine l’envoi de personnel militaire pour une mission de reconnaissance dans le cadre de l’exercice danois « Arctic Endurance » organisé avec des alliés de l’Otan. Les États-Unis ont été invités à participer à des exercices militaires au Groenland, a affirmé vendredi soir le chef du Commandement arctique danois, assurant que ces manœuvres étaient en lien avec la Russie.

