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Défense : Le « SkyDefender », bouclier antiaérien de Thales, qu’est-ce que c’est ?

Le système de défense aérienne multicouches SkyDefender, dévoilé par Thales, vise à protéger l’Europe des menaces aériennes telles que les drones et les missiles balistiques. Il inclut un système de défense intégrée et modulaire, comportant des radars à portée variable et des missiles Aster 30, et est en cours de livraison aux armées française et italienne.


Protéger l’espace aérien européen des menaces, telles que les drones et les missiles balistiques, est l’objectif de « SkyDefender », un système de défense aérienne multicouches présenté mercredi par le groupe Thales.

Avec l’utilisation intensive de drones et de missiles en Ukraine et au Moyen-Orient, la protection des espaces aériens est devenue cruciale. Le SkyDefender de Thales vise à établir un dôme, similaire au « Dôme de Fer » en Israël ou au projet de « Golden Dôme » aux États-Unis, favorisant l’interopérabilité avec des éléments déjà en service.

### « Tous les éléments sont existants et combat proven »

« Il s’agit d’un système de défense tout-en-un qui protège contre tous types de menaces aériennes : des drones, des roquettes, ainsi que des menaces à moyenne portée comme les avions de chasse et jusqu’à des cibles à très longue portée, soit jusqu’à 5 000 km, permettant de détecter les missiles balistiques et les menaces venant de l’espace », explique Eric Huber, vice-président en charge des radars de surface chez Thales, dans un entretien avec 20 Minutes.

Ce système intégré « combine plusieurs capteurs, utilisant différentes technologies de radars de portée variée, ainsi que plusieurs effecteurs – des missiles, des lasers, des armes à énergie dirigée… – pour neutraliser les cibles, avec un logiciel de coordination », ajoute Eric Huber. « L’une des forces du SkyDefender est que tous ses composants sont déjà existants, en production, et ont prouvé leur efficacité sur le champ de bataille actuel. C’est une véritable différence par rapport à nos concurrents. »

### Une offre modulaire selon les besoins des pays

La protection « courte portée » contre les drones s’appuie sur des missiles légers multirôles (LMM), déjà utilisés en Ukraine, avec une portée de 6 km et une vitesse atteignant Mach 1,5 (environ 1 850 km/h), ainsi que sur des canons de défense anti-aérienne. Le système est destiné à protéger de petites zones, comme des bases militaires, des infrastructures vitales et des sites sensibles.

Un système de protection à portée intermédiaire, pour le niveau du « théâtre d’opérations », est assuré par le système antimissile sol-air SAMP/T NG (Système aérien moyenne portée/terrestre nouvelle génération) d’Eurosam, avec une portée d’engagement allant jusqu’à 150 km. Il est équipé du puissant radar Ground Fire de Thales, capable de détecter des cibles (missiles balistiques, potentiellement hypersoniques, avions, hélicoptères) à 360°, avec un rayon de détection de 400 km, suivi en temps réel. Le SAMP/T-NG est en cours de livraison aux armées française (en remplacement de l’ancien SAMP/T, surnommé « Mamba ») et italienne, tandis que le Danemark a passé commande pour huit systèmes.

### « Une approche modulaire adaptée aux pays »

« L’offre est modulaire, et nous engageons des discussions avec chaque pays en fonction de leurs capacités actuelles et de leurs besoins », insiste Eric Huber. Le SkyDefender peut être intégré à d’autres dispositifs européens existants, permettant ainsi de les renforcer ou de les étendre avec nos systèmes reconnus à l’échelle mondiale.

### « Il est primordial de détecter la menace tôt »

Une des caractéristiques majeures du SkyDefender est sa « capacité de détection très longue portée (5 000 km), ce qui lui permettrait de protéger l’intégralité de l’Europe », affirme Eric Huber. Pour détecter des cibles à très longue portée, « nous utilisons des radars à basses fréquences, qui permettent une portée supérieure aux radars classiques, pouvant couvrir jusqu’aux menaces spatiales. De plus, l’ajout d’un satellite pour détecter par infrarouge tous les lancements de missiles est envisageable. Le SkyDefender combine ces deux technologies. »

Pour intercepter les menaces, notamment les missiles balistiques, « nous pouvons utiliser des missiles Aster 30 », indique Eric Huber. « Cependant, plus la menace est rapide, plus elle devient difficile à intercepter, d’où l’importance cruciale de la détecter le plus tôt possible pour disposer du temps de réaction nécessaire. »

Enfin, « ces dernières années, nous avons amélioré nos algorithmes grâce à l’intelligence artificielle, que ce soit dans nos radars ou nos dispositifs d’imagerie par satellite », ajoute le vice-président en charge des radars de surface. Cela permet d’accélérer et de préciser la compréhension des menaces. L’intelligence artificielle s’avère particulièrement efficace pour réduire les faux positifs. Elle est également utilisée dans la partie « cerveau » du système, permettant l’affectation rapide du meilleur effecteur en fonction de la menace, offrant ainsi aux militaires la meilleure réponse le plus rapidement possible.