Déconfinement : Les élèves au bord du décrochage scolaire vont-ils revenir en classe ?

Illustration d’un Groupe d’enfants retournant à l’école.Montrouge,02/05/2020. — Woytek Konarzewski/SIPA

  • Les élèves en difficultés scolaires font partie des publics jugés prioritaires par le ministère de l’Education nationale pour retourner en classe lors du déconfinement.
  • Mais la perspective de revoir ces élèves « fragiles » cette semaine est incertaine, car certaines familles ne veulent pas renvoyer leurs enfants sur les bancs de l’école par peur du virus.

Ce sont ceux qui ont le plus besoin de l’école, mais seront-ils de retour en classe cette semaine ? Les élèves en difficultés scolaires font partie des publics jugés prioritaires par le ministère de l’Education nationale pour retourner en classe. « Il n’y a pas plus grave en matière de décrochage que le décrochage d’un enfant de l’école primaire. Car les choses sont souvent irrattrapables par la suite », a ainsi insisté mercredi Jean-Michel Blanquer à l’Assemblée nationale.

Les directeurs d’école ont donc été chargés d’identifier les élèves présentant le plus de risque de décrochage scolaire. D’autant que pendant le confinement, entre 4 et 10 % des élèves seraient sortis des radars, selon le ministère de l’Education nationale. Une prise de distance avec leur scolarité qui s’expliquerait avant tout par la fracture numérique, a rappelé ce lundi Francette Popineau, co-secrétaire générale du SNUipp : « Dans certaines familles, il n’y a pas d’ordinateur. Ou les deux parents étaient en télétravail et utilisaient tous les écrans de la maison ». Mais ce n’est pas la seule raison de cette mise entre parenthèses de l’école, selon Julie, professeur des écoles dans les quartiers nord de Marseille en REP + : « Beaucoup d’enfants n’ont pas du tout travaillé depuis le début du confinement. Certains parents sont dans l’incapacité de les faire travailler (barrière de la langue, un ordinateur pour 4 enfants…). D’autres semblent ne pas avoir conscience de l’importance de l’école à distance et ne font tout simplement pas travailler leur enfant », constate-t-elle.

« Les élèves les plus en difficultés vont rester chez eux »

Le fait que beaucoup de parents soient accaparés par leur  télétravail ne leur a pas permis d’accompagner leurs enfants dans leurs devoirs : « Ces derniers ont été peu stimulés. Et même si beaucoup d’enseignants ont essayé de maintenir un lien en appelant les familles, cela n’a pas suffi à faire reprendre une activité scolaire. Et les enseignants ont perdu davantage d’élèves au fur et à mesure du confinement », assure Francette Popineau.

Quant à la perspective de revoir ces élèves « fragiles » cette semaine, elle reste incertaine. Car compte tenu des risques sanitaires, le retour à l’école est soumis au volontariat des familles. Or, selon Alice, professeur des écoles, « les élèves les plus en difficulté vont rester chez eux, car les parents ne veulent pas les remettre », indique-t-elle à 20 Minutes. Même constat de la part de Vanessa : « Dans mon école, 80 % des parents ne souhaitent pas que leur enfant retourne à l’école. Les 20 % qui viendront seront plutôt des enfants n’ayant pas de difficultés scolaires particulières, mais dont les 2 parents travaillent ». Une réticence due à la peur du virus et qui serait plus marquée chez les familles défavorisées, comme en témoigne un sondage Ifop du 30 avril. Selon celui-ci, 76 % parents des catégories socioprofessionnelles populaires étaient opposés au retour de leurs enfants à l’école, contre 57 % pour les catégories supérieures.

Les premiers retours à l’école vont-ils être incitatifs ?

Pas question pour autant d’accepter ce renoncement pour Jean-Michel Blanquer : « L’école, ce n’est pas quelque chose de secondaire. Il faut être attentif à ne pas faire de dégâts sur une génération entière en la laissant six mois sans école », a-t-il martelé sur Europe 1 ce lundi, en misant sur un effet d’entraînement.

A charge des enseignants d’aller chercher ces enfants, en tentant de rassurer les parents sur les précautions sanitaires. « Mais il est difficile de convaincre quelqu’un lorsqu’on n’est pas convaincu soit même. Si l’école après le confinement apparaît comme contraignante, on aura du mal à attirer les élèves qui n’aiment déjà pas la classe », prévient Francette Popineau.

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