Déconfinement à Toulouse : « Il faut un allégement du protocole dans les écoles », selon l’adjointe à l’Education

Dans une école toulousaine durant le confinement. — Lionel BONAVENTURE / AFP

Mardi, toutes les écoles de la Ville rose ont rouvert leurs portes. Mais derrière ce chiffre de 100 % se cachent des disparités, certains établissements n’ayant toujours pas pu accueillir certains élèves, qui ne le seront que quelques jours d’ici au début du mois de juillet. Interrogée par 20 Minutes, Marion Lalane-de-Laubadère, adjointe à l’Education, explique les raisons de ces blocages et revient sur ce qui a été mis en place.

Depuis le 2 juin, 100 % des écoles de Toulouse sont censées être rouvertes. Des voix s’élèvent pour dire que ce taux aurait pu être atteint bien avant, comme à Bordeaux depuis le 11 mai. Pourquoi cela n’a pas été le cas ici ?

Il n’y a pas beaucoup de villes comme à Bordeaux où les écoles ont toutes rouvert dès le 11 mai. On aurait pu dire on rouvre à 100 % le 11 mai en ouvrant seulement une classe par école. Ce n’est pas le choix que nous avons fait, nous avons d’abord voulu expérimenter la mise en place du protocole sanitaire durant quelques jours et nous avons fait un choix du respect des conditions sanitaires. Dans de nombreuses écoles nous n’avions pas non plus 100 % des effectifs enseignants, ni nos personnels dont la scolarisation des enfants n’était pas prioritaire. Aujourd’hui, nous avons rouvert toutes les écoles et tous les locaux.

Qu’est-ce qui a changé entre le 11 mai et mardi ?

Nous avons fait appel à des prestataires extérieurs pour appliquer le protocole sanitaire qui est exigeant. Nous avons embauché 140 personnes en emploi temporaire, mais aussi 100 intérimaires et deux entreprises sous-traitantes de nettoyage. Nous ne sommes pas loin du million d’euros de surcoût.

Mais certains élèves auront été scolarisés d’ici au mois de juillet moins de cinq jours. Alors que les écoles sont toutes rouvertes…

Chaque école a son organisation, nous dès que l’Education nationale nous dit « on rouvre » une classe supplémentaire on le fait. Maintenant, il faut que les enfants aillent à l’école, le dernier bulletin officiel indique que chaque enfant peut revenir un jour par semaine à l’école. S’ils n’allègent pas le protocole, c’est compliqué. Depuis le 25 mai, nous avons ouvert quatre centres de loisirs pour l’accueil gratuit des enfants qui ne sont pas accueillis à l’école certains jours dans le cadre du dispositif dispositif 2S2C (sport-santé-culture-civisme), mais cela ne remplace pas l’école. Nous sommes aussi en réflexion pour accueillir des enfants dans les musées, encadrés par animateurs et sous la responsabilité de l’Education nationale.

Ce vendredi, Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, a indiqué que des communes ont surinterprété le protocole sanitaire et freiné l’ouverture des écoles. C’est votre cas ?

Nous n’arrêtons pas de demander un allégement du protocole dans les écoles. Je ne dis pas qu’il faut faire n’importe quoi, il n’est pas question de l’alléger au niveau de la désinfection des locaux. Mais sur la question de la distanciation la question se pose. Les enfants font ce qu’ils veulent dans les parcs ou en périscolaire. Là, on se complexifie la vie et celle des enseignants. Une circulaire sortie au bulletin officiel a l’air de dire qu’il n’est plus question de limitation du nombre d’élèves par classe mais que cela dépend de la taille de la salle utilisée et de la distanciation sociale.

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