Débats politiques et repas critiqués : comment survivre au repas de Noël ?
Un Français sur deux redoute tellement le repas de Noël qu’il a élu la cuisine comme pièce refuge lors des moments les plus critiques, d’après un sondage OpinionWay. D’après le sondage OpinionWay, 35 % des invités affirment organiser « une contre-soirée assumée » dans la cuisine pour profiter d’un vrai moment convivial.
Défaite familiale. Pour certains, le repas de Noël est un véritable plaisir, tandis que pour d’autres, il se transforme en calvaire. Entre les remarques acerbes du beau-père sur le plat, les discours politiquement (très) engagés du grand-oncle et cette magnifique écharpe en alpaga (à laquelle vous êtes allergique) offerte par belle-maman, les tensions peuvent rapidement s’intensifier. Un Français sur deux redoute tant ce moment en famille qu’il a choisi la cuisine comme refuge lors des moments les plus délicats, selon un sondage OpinionWay. Dans cette pièce, les invités cherchent généralement à fuir les débats politiques (66 %), mais également les critiques sur leur apparence et les questions intrusives.
Comment donc aborder un repas de Noël en toute sérénité ? Nous avons sollicité Florence Beuken, thérapeute familiale, qui recommande avant tout « d’éviter de se mettre une pression énorme ». Il est conseillé, dès avant de s’installer autour de la table familiale, « d’identifier précisément » les différentes sources de stress afin de mieux les gérer.
Elle ajoute : « Tant pis si on ne s’entend pas super bien avec chacun des membres de la famille, tant pis si quelqu’un essaie de nous pousser vers un sujet que l’on n’a pas envie d’aborder. On a le droit de ne pas répondre, ou de dire qu’on n’a pas envie de parler de ça. »
Une question à se poser, qui peut souvent apaiser les tensions, est : « Est-ce que c’est grave ? ». Si la réponse est négative – ce qui est souvent le cas – cela permet de prendre du recul et de tirer profit de la soirée. « En minimisant ce qui peut l’être, on réduit la charge émotionnelle liée à la soirée et on reprend un peu de pouvoir sur ce qui va se dérouler », précise l’experte.
Pas (trop) de pression sur le repas
Passer des heures en cuisine pour entendre que la dinde est trop cuite ou que la bûche est trop sucrée, c’est non merci. « Quand on évoque les remarques concernant le repas, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est que cela représente souvent beaucoup pour une seule personne », estime la thérapeute. Pour éviter ces désagréments, Florence Beuken conseille de « partager la préparation », chaque convive s’occupant d’un plat. « Le fait que tout le monde ait contribué limite déjà un peu le risque que tout repose sur les épaules d’un seul. »
Si vous préférez gérer l’organisation du repas, il est préférable de « prévoir quelque chose de plus simple, comme un apéro dînatoire ou un buffet où chacun se sert selon ses envies ». Surtout si la charge mentale devient trop lourde. L’objectif est d’aborder la soirée sans tension et de ne pas se mettre trop de pression. « On a tendance à vouloir que tout soit parfait : la dinde, la décoration, l’ambiance, les cadeaux… Cela engendre un stress énorme, surtout quand on n’a aucune garantie que tout se passera comme prévu », anticipe l’experte. Un seul mot d’ordre : relativiser.
Éviter (au max) les sujets qui fâchent
Qui dit repas de famille, dit (souvent) débats politiques et questions trop personnelles. Deux situations redoutées à Noël qui peuvent gâcher la fête. La bonne nouvelle, c’est que rien ne vous oblige à participer à la discussion. « L’enjeu n’est pas de ‘gagner’ le débat, mais de trouver des moyens de ne pas y entrer : dire simplement qu’on n’a pas envie de débattre ce soir, aller prendre l’air, se lever pour s’occuper des enfants… Tout ce qui permet de s’extraire un peu de la discussion aide à ne pas être trop affecté », explique Florence Beuken. La cuisine devient alors un véritable refuge. Selon le sondage OpinionWay, 35 % des convives déclarent organiser « une contre-soirée assumée » dans la cuisine pour profiter d’un moment véritablement convivial.
Sinon, l’humour permet souvent de sortir d’une situation délicate. La thérapeute suggère, par exemple, de préparer un « bingo du réveillon » avec les sujets qui seront (inévitablement) abordés, afin de « prendre de la distance émotionnelle ». Il est important de noter qu’il n’y a pas de sujets tabous à proscrire de la table des fêtes, cela dépend des sensibilités de chacun. Cependant, il peut être opportun de convenir que « tous les sujets qui ont déjà créé des tensions » n’ont pas leur place à Noël. Évitez donc de rappeler à votre belle-sœur que son ex est parti avec sa meilleure amie ou de demander à votre fille, pour la millième fois de l’année : « C’est pour quand le bébé ? ».
Limiter les attentes autour des cadeaux
Que ce soit en offrant ou en recevant des cadeaux, ces derniers peuvent être sources de frustrations et de déceptions à Noël. Une situation à laquelle il est facile de remédier… à condition de s’y prendre à l’avance. Fournir ou demander une liste, ou des idées assez précises, permet d’éviter les désillusions. « Certains tiennent beaucoup à l’effet de surprise, mais il faut alors accepter qu’un proche, même bien intentionné, ne tombe pas toujours juste », avertit la thérapeute familiale. Et si vous craignez que la déception ne soit visible sur votre visage, vous pouvez tout à fait ouvrir le cadeau à l’écart ou opter pour un « déballage collectif ». En d’autres termes, veillez à ne pas vous retrouver avec plusieurs regards scrutant la moindre nuance de vos réactions.
Tous les sujets Noël
Quelle que soit la situation redoutée, il est essentiel de rappeler que ces fêtes ne doivent en aucun cas rimer avec contraintes ou stress. « Si la pression ou la tension sont trop fortes, il est important de se souvenir qu’il n’y a rien d’obligatoire : le repas peut se faire en petit comité ou ne pas se faire du tout », conclut la spécialiste.

