« Dans le métavers ou ailleurs, le rôle du DJ reste le même : faire danser », assure Bufalo

Un pied dans les clubs, un autre dans le métavers. Bufalo enchaîne les concerts réels et virtuels. Une façon de développer sa créativité. Mercredi 21 septembre, il jouera dans son monde virtuel préféré, Decentraland, lors de la distribution événément de la version anglaise de 20 Mint #1, notre édition spéciale consacrée au Web 3.

Vous allez vous produire mercredi 21 septembre dans le métavers Decentraland à l’occasion de la diffusion de la version anglophone du premier numéro de 20 Mint. Un DJ set spécial est-il prévu ?

J’essaie toujours de coller au thème de la soirée en y mêlant mon univers far west. Grâce à la 3D, on peut tout imaginer. Pourquoi pas un kiosque à journaux ? Tout est possible…

Pourquoi s’être lancé dans les concerts dans le métavers ?

Par la force des choses ! En 2020, la Covid-19 m’a contraint d’arrêter les concerts en clubs. En parallèle, j’ai découvert un monde en construction dans le métavers avec des établissements de nuit virtuels, des événements qui embauchaient des DJ… C’est pourquoi j’ai créé le “Métavers Tour” – une tournée de concerts sur 3 mois dans “Decentraland” – avec radio FG en octobre 2021. Cela s’est tellement bien passé que je n’ai plus arrêté ! Aujourd’hui, je joue une date sur deux dans le métavers.

Comment les préparez-vous ?

Je me suis auto-formé sur Internet pendant 6 mois. J’ai aussi investi dans du nouveau matériel : une caméra fixée devant moi pour me filmer et retransmettre le concert, ainsi qu’un fond vert pour diffuser un show vidéo.

Abordez-vous différemment un concert virtuel et réel ?

Dans le réel ou le virtuel, le rôle du DJ reste le même : faire danser les gens. Je raconte une histoire différente à chaque DJ set. Dans le métavers, je développe davantage l’acting de mon personnage – qui est toujours paré d’un masque de buffle – pour théâtraliser la performance. Cela me demande autant d’énergie qu’un concert en club.

Est-ce difficile de faire un concert sans public face à soi ?

Le ressenti est différent, mais je n’ai jamais l’impression d’être seul dans la pièce – même si c’est le cas ! L’interaction avec le public, même virtuel, existe : il y a une palette d’expressions et d’émojis possibles pour faire réagir son avatar. Certains peuvent considérer ce lien comme rudimentaire mais c’est une question d’ouverture d’esprit. Personnellement, je me sens connecté aux gens. J’ai le même sentiment d’accomplissement qu’après un concert dans un club.

Quels sont les avantages à se produire dans le métavers ?

Le public a une soif incroyable de créativité. C’est l’occasion d’innover depuis le confort de sa maison et à moindre coût. Pour un concert, la logistique peut être très lourde : distance, frais de transport et de logement… Dans le métavers, ces contraintes disparaissent. Par exemple, utiliser un fond vert me permet de renouveler constamment mon show. Nous en sommes seulement au début mais les innovations arrivent. A terme, on peut imaginer une salle de répétition virtuelle pour jouer en direct avec des musiciens basés dans un autre pays.

Les concerts virtuels sont-ils destinés à rester une niche ?

Je ne pense pas. Ils ne seront ni une niche, ni une potentielle concurrence pour les clubs. Comme toutes les innovations, cela va compléter le réel. Rien n’empêche les artistes d’organiser deux soirées simultanées – réelles et virtuelles – pour doubler leur audience et leurs revenus. C’est tout l’intérêt d’Internet : cela permet de toucher une communauté plus large.

Est-ce un moyen pour les artistes de s’affranchir des labels et des tourneurs ?

Cela offre une autonomie et un gain de temps. Une œuvre terminée peut être diffusée plus rapidement. Côté revenus, cela permet aussi de les percevoir directement via la vente d’entrées virtuelles à des concerts ou encore de wearables – ces items que les avatars peuvent porter – qui se veut l’équivalent du merchandising.