Cuba : Avec le départ de Raul, l’île tourne la page de l’ère Castro

Fidel (à gauche) et Raul Castro, à la Havane le 23 décembre 2003 (illustration). — AFP

La famille Casto ne va désormais plus tenir les rênes de Cuba. C’est une véritable révolution dans ce pays après six décennies de pouvoir des frères Fidel et Raul. Ce lundi marque en effet le dernier jour de Raul Castro à la tête du Parti communiste de Cuba. Agé de 89 ans, il va laisser place à une nouvelle génération.

Toutefois, si les hommes changent, la ligne politique devrait, elle, rester la même. « J’ai la satisfaction de savoir que l’on remet la direction du pays à un groupe de dirigeants préparés », qui défendent les « principes de la Révolution et du socialisme », a ainsi lancé vendredi Raul Castro en ouvrant le congrès du parti à La Havane, baptisé « congrès de la continuité ».

Un moment critique pour l’île

Le président Miguel Diaz-Canel, 60 ans, devrait prendre sa relève comme premier secrétaire du parti unique, poste le plus puissant à Cuba. Le passage de témoin survient à un moment critique pour l’île, plongée dans sa pire crise économique en 30 ans sous l’effet de la pandémie de coronavirus et du renforcement de l’embargo américain imposé depuis 1962.

Dimanche, les 300 délégués du parti (700.000 membres officiellement) ont élu le nouveau Comité central, organe de direction composé de 114 personnes. Ce lundi, ces dernières désigneront à leur tour le Bureau politique, cœur du pouvoir qui compte actuellement 17 membres et dont seront issus les nouveaux numéro un et numéro deux.

Guerre idéologique

Pour John Kavulich, président du Conseil économique et commercial Etats-Unis/Cuba, une relève générationnelle est indispensable, car « pour le moment, l’âge cumulé des trois dirigeants les plus importants du parti approche les 300 ans ». Un changement de mentalité, aussi, est nécessaire selon lui : le parti « n’a plus besoin de se battre pour une révolution mais plutôt de gérer un pays ». La plupart des Cubains sont d’ailleurs fatigués des pénuries et interminables files d’attente, dans cette île obligée d’importer 80 % de ce qu’elle consomme.

Mais pour le gouvernement, échauffé par quatre années de sanctions de l’administration Trump, la guerre idéologique reste primordiale. « L’existence à Cuba d’un parti unique a été et sera toujours la cible des campagnes de l’ennemi [les Etats-Unis], déterminé à fragmenter et diviser les Cubains avec les chants des sirènes de la sacro-sainte démocratie bourgeoise », a d’ailleurs clamé Raul Castro, appelant les nouvelles générations à « protéger avec zèle » le dogme du parti unique.

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