France

Cryptorapts : Six enlèvements en un mois, début d’une enquête judiciaire

Depuis début 2025, le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) a repris la main sur six dossiers d’enlèvements ou séquestrations liés à des extorsions de cryptomonnaies, commis entre le 18 décembre et le 14 janvier dans plusieurs départements français. La série a débuté en janvier 2025 avec le rapt de David Balland, cofondateur de Ledger, qui a été libéré lors d’un assaut du GIGN après avoir subi des violences.


Face à la multiplication des enlèvements liés aux cryptomonnaies depuis le début de l’année 2025, le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), opérationnel depuis le 5 janvier, a pris en charge six affaires séparées. Ces incidents, qui se sont produits entre le 18 décembre et le 14 janvier en Charente-Maritime, Sarthe, Maine-et-Loire, Yvelines, Hauts-de-Seine et Haute-Savoie, concernent des « enlèvements ou séquestrations liés à des extorsions de cryptomonnaies » accompagnés de violences aggravées.

Des juges d’instruction spécialisés du tribunal judiciaire de Paris ont été saisis vendredi pour mener les enquêtes. Le Pnaco précise que l’objectif est de « identifier les auteurs de ces faits ayant entraîné un préjudice estimé à plusieurs millions d’euros » et de garantir « une prise en charge médicale pour certaines des victimes ayant subi d’importantes violences ». Des enquêtes ont été ouvertes pour « arrestation, enlèvement, séquestration en bande organisée », « violences volontaires aggravées », « blanchiment en bande organisée », « extorsion et tentative d’extorsion en bande organisée » ainsi que pour « participation à une association de malfaiteurs criminelle ».

Parmi les affaires, on relève la séquestration d’un couple à Dompierre-sur-Mer, près de La Rochelle. Dans la nuit du 17 au 18 décembre, trois hommes masqués ont pénétré dans leur domicile, les ont ligotés et frappés durant près de deux heures avant d’exiger un transfert d’environ huit millions d’euros en cryptomonnaies. Frédéric Teillet, procureur de Rennes, avait qualifié ces individus de « équipe criminelle structurée ». Selon une source policière, l’homme impliqué travaillait dans le secteur des cryptomonnaies.

La vague d’enlèvements ne se limite pas aux six affaires en cours. À Lyon, le parquet a annoncé la mise en examen et le placement en détention provisoire de trois personnes soupçonnées d’avoir participé à l’enlèvement d’un homme de 74 ans à Voiron, avec l’intention d’extorquer une rançon en cryptomonnaies à son fils. La victime, enlevée un dimanche matin, a été relâchée « dans la soirée » à Loriol, présentant des « blessures à une main et au visage », d’après le parquet.

Cette série d’incidents a débuté en janvier 2025 avec l’enlèvement de David Balland, cofondateur de Ledger, et de sa compagne. Le chef d’entreprise, dont un doigt avait été sectionné, a été libéré lors d’un assaut du GIGN ; sa compagne a été retrouvée ligotée dans un véhicule. Six hommes et une femme ont été mis en examen, précédant l’incarcération en avril du présumé commanditaire.

Le 1er mai, à Paris, le père d’un entrepreneur ayant prospéré dans les cryptomonnaies a également été enlevé par quatre hommes masqués alors qu’il promenait son chien. Après 58 heures de séquestration, durant lesquelles un doigt de l’otage a été sectionné, il a été libéré par la police dans un pavillon de Palaiseau, en Essonne.