France

« Crousty poulet : la recette qui cartonne depuis ce matin »

Il est 12h30 et une pluie fine s’abat encore et toujours sur Rennes devant le restaurant Krousty Factory, où plusieurs personnes patientent en attendant d’être servies. Entre janvier 2025 et janvier 2026, le nombre de recherches pour les termes krousty et crousty sur la plateforme Uber Eats a bondi de 556 %.


Il est 12h30 et une pluie fine continue de tomber sur Rennes. À l’extérieur du restaurant Krousty Factory, plusieurs personnes attendent patiemment d’être servies. À l’intérieur, l’établissement est complet. « Tout le monde nous en parle, mais nous, on n’a jamais goûté encore. Ça a l’air trop bon », racontent deux garçons et une fille de 17 ans, réunis devant le fast-food. Ouvert en octobre, Krousty Factory ne désemplit pas. Son succès ? Un plat très en vogue : le crousty poulet.

La recette est simple : du riz blanc, généreusement arrosé de sauce blanche, des tenders de poulet marinés et panés de panko (une chapelure japonaise), le tout accompagné d’une sauce aigre-douce. Quelques herbes et quelques oignons frits viennent parfaire le tout. Ce plat, d’inspiration asiatique, semble avoir été « inventé » en France par des Bordelais, avec leur enseigne Krousty Sabaïdi, qui compte désormais 25 restaurants à travers la France.

Le succès est tel que de nombreux fast-foods suivent la tendance crousty. Pour comprendre ce phénomène, *20 Minutes* a visité Krousty Factory, une franchise lancée en région parisienne à l’automne, qui compte déjà 15 établissements. « C’est une folie, tous les jours nous avons du monde qui vient », témoigne Malik Awais. Le midi, le gérant du restaurant rennais et son équipe peinent à faire face à l’afflux d’adolescents. Ces derniers ont tous découvert le phénomène sur les réseaux sociaux, notamment TikTok.

Depuis quelques mois, des influenceurs sont sollicités pour promouvoir la nouveauté. Des opérations de distribution gratuite sont régulièrement organisées, pouvant parfois mener à des scènes de foule. Ces images circulent alors largement sur les réseaux, au bénéfice des enseignes. « Avant, on allait à Villejean, mais c’était un peu loin. Là, c’est pas loin du lycée, c’est bon, c’est pas cher et ça cale de fou », expliquent Olivia, 16 ans, et Pénélope, 17 ans.

### Des « tenders » qui cartonnent

Toutes les deux ou trois semaines, les deux lycéennes prennent le bus pour se rendre dans le quartier populaire de la Binquenais, situé au sud de Rennes. Ce quartier n’est pas particulièrement connu pour attirer les visiteurs extérieurs, mais la tendance crousty est en train de changer cela. « C’est nouveau et ça plaît beaucoup. Nous avons beaucoup d’étudiants, mais aussi des gens de tous les âges », assure le gérant, qui estime avoir « plus d’une centaine de clients par jour ». Les « tenders » de poulet, très prisés ces dernières années, ont l’avantage de convenir à toutes les religions. On note d’ailleurs que c’est principalement dans des quartiers populaires que les enseignes ont choisi d’ouvrir.

Selon ses employés, Krousty Factory de Rennes connaît un grand succès, attirant des clients de toute la ville, « et même la famille d’Ousmane Dembélé ». Dans le restaurant, plusieurs personnes attendent d’être servies. « Ce n’est pas comme les burgers, les pizzas ou les kebabs que l’on trouve partout. Ça change », confirme Méissa, 15 ans. Ce qui est surprenant dans ce succès, c’est que la recette n’a rien de révolutionnaire. « C’est vrai que c’est juste du riz et du poulet et que ça semble banal. Mais c’est délicieux. C’est à la fois crémeux et croustillant. Je n’ai pensé qu’à ça depuis ce matin », poursuit l’adolescente. « Tout le monde en parle, c’est la tendance du moment », ajoute Bouchra, 17 ans, en dégustant son plat. Les chiffres fournis par la plateforme Uber Eats le confirment : entre janvier 2025 et janvier 2026, les recherches pour les termes krousty et crousty ont augmenté de 556 %.

### Un prix correct et un plat qui cale

Un autre facteur qui joue en faveur du crousty est son prix. Compris entre 7 et 10 euros selon la taille choisie, le plat est généreux. Tous les clients s’accordent à dire : « Au moins, ça cale. » « Pour moi, cela me fait deux repas. J’en ramène pour les enfants, ils adorent ça », témoigne Jérôme, agent de la ville, qui se rend ici de temps à autre. « Ça vous cale. C’est pour ça que les gens aiment », enchaîne Malik Awais.

L’improbable succès du crousty s’explique alors. Le plat est abordable, rassasiant, nouveau, et plait aux jeunes grâce à sa sauce sucrée et pimentée (ou les deux). À cela s’ajoute une grande visibilité sur les réseaux sociaux, ce qui en fait un véritable phénomène. D’un point de vue diététique, on peut éviter de se prononcer. En principe, mieux vaut un plat de riz et de poulet qu’un burger frites, mais compte tenu de la quantité de sauce ultra-transformée qui accompagne le plat, des doutes peuvent être exprimés. « C’est une recette confidentielle. Il faut que ce soit crémeux », confie Malik Awais avec un sourire.