Crise énergétique : Un risque de coupure « accru » mais « maîtrisable » sur le réseau électrique cet hiver

La date choisie par RTE, le gestionnaire du réseau électrique français, pour livrer ses perspectives sur le réseau électrique français pour l’hiver à venir, témoigne déjà de la situation exceptionnelle dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. « D’habitude nous prenons la parole mi-novembre, rappelle Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE. La situation exigeait de le faire ce mercredi, ne serait-ce parce que la période de risque n’est pas réduite cette fois-ci à cet hiver, mais commence dès octobre. Et les mois de novembre et décembre vont être aussi risqués que janvier, ce qui est inédit. »

Un risque de tension « maîtrisable »

L’origine des tensions est connue. Il y a d’abord la crise gazière européenne, qui a commencé dès l’automne dernier et qui s’est amplifiée encore avec l e déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février dernier. S’ajoute en France une crise du nucléaire avec seulement, au 1er septembre, 24 des 56 réacteurs du parc nucléaire d’EDF en service, les autres étant à l’arrêt pour des opérations de maintenance programmée ou suite à des problèmes de corrosion qui n’étaient pas prévus. Xavier Piechaczyk ajoute à l’équation française « la sécheresse qui a réduit la production d’électricité hydraulique ». Mais aussi « la fermeture de beaucoup de moyens de production d’électricité thermiques ces dix dernières années tandis que ceux qui devaient les remplacer ont pris du retard ». « Je pense aux énergies renouvelables mais aussi à l’EPR de Flamanville)… », précise-t-il.

Pour autant, même si le risque de tension est « accru » cette année, RTE insiste pour le dire « maîtrisable ». « En aucun cas, la France ne court un risque de « black-out » », c’est-à-dire « la perte de contrôle totale du système électrique », assure Xavier Piechaczyk. Pour autant, le risque de coupure ne peut pas être totalement exclu. « Mais il pourrait être évité en baissant la consommation nationale de 1 à 5 % dans la majorité des cas et jusqu’à 15 % dans les situations météorologiques les plus extrêmes », détaille RTE. Pour ces périodes de tensions les plus fortes, RTE mise notamment sur son dispositif Ecowatt, qui permet d’alerter les particuliers, entreprises et collectivités sur l’imminence d’un pic de tensions sur le réseau électrique, les invitant alors à adapter leurs consommations. Selon RTE, la très grande majorité des « situations à risque » se situent le matin entre 8 heures et 13 heures et le soir entre 18 heures et 20 heures.

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