Crise de l’énergie : Paris va moins chauffer ses piscines et éteindre des bâtiments municipaux à 22 heures

Il ne faudra pas traîner dans l’eau. Bientôt, à Paris, les piscines seront moins chauffées, d’environ un degré. Et l’éclairage dit ornemental, celui des bâtiments publics ou des monuments, s’éteindra à 22 heures. Ce sont quelques-unes des mesures annoncées ce mardi en conférence de presse par la mairie de Paris, qui fait face comme toutes les villes à une double crise : crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine, et crise climatique, qui impose des économies d’énergie.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a d’ailleurs insisté sur cette idée, en mettant en avant les 10 milliards d’euros qui ont été investis sur la transition écologique depuis 2014 : « Ce n’est pas parce que nous faisons face à une hausse des prix de l’énergie qu’il faut agir, il faut permettre d’être dans un modèle plus résilient. »

18 degrés en journée

Concrètement, l’eau des piscines est actuellement chauffée à 26 degrés, alors que l’air extérieur est à 27 degrés. Tout sera baissé d’un degré. Quand ? « Dès que possible », a répondu Anne Hidalgo, qui devra sans doute affronter la fronde des usagers et usagères, qui avaient fait part de leur inconfort en 2016 lorsque la mairie avait déjà essayé de baisser ces températures.

Les bâtiments publics, eux, sont chauffés à 19 degrés en moyenne, hormis les Ehpad et les crèches. La température passera à 18 degrés en journée, annonce la maire, et à 12 degrés la nuit et le week-end. La saison de chauffe, qui démarre normalement en octobre, sera aussi le plus possible décalée, « d’un mois » environ, annonce la maire, si le temps toutefois le permet.

Enfin, s’agissant de l’éclairage public, la maire ne souhaite pas son arrêt la nuit pour des raisons de sécurité, mais elle souhaite agir sur l’éclairage ornemental, qui devra disparaître à 22 heures dès le 23 septembre. La Tour Eiffel s’éteindra symboliquement un peu plus tôt, à 23h45, à l’heure où le dernier visiteur quitte l’édifice. 286 millions d’euros doivent être investis d’ici 2026 pour faire baisser la consommation de 60 % en 2030.

Des aides pour le logement privé multipliées par trois

Ces économies doivent permettre de faire baisser la consommation énergétique de la ville de 10 %, soit l’équivalent du fonctionnement de 226 écoles, alors que les factures de la ville ont grimpé de 110 % pour l’électricité et de 34 % pour le gaz, faisant anticiper un surcoût de 35 millions par an. La mairie n’a, heureusement pour les Parisiens et Parisiennes, pas choisi de contrat d’énergie avec des tarifs fluctuants, qui auraient mécaniquement encore plus augmenté les factures.

Mais sur l’un des domaines les plus consommateurs d’énergie à Paris, le logement privé, les efforts ne semblent pas à la mesure des enjeux. Actuellement, seuls 2.000 logements privés sont rénovés par an, alors qu’il en faudrait 40.000, selon la Stratégie nationale bas carbone de la France. Les émissions du patrimoine bâti sont la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre. L’adjoint en charge de la transition écologique, Dan Lert, annonce multiplier par trois ces aides, mais le résultat restera, même avec cette augmentation, bien en deçà des objectifs nationaux.

Répondant à une question de 20 Minutes, la mairie annonce n’avoir obtenu de l’Etat, lors du plan de relance post Covid-19, que 30 millions d’euros. « Lorsque j’expose ces chiffres aux commissaires européens que je rencontre, je récolte un sourire gêné. On ne peut pas agir seul. Nous avons besoin du soutien de l’Etat », indique Anne Hidalgo, qui souhaiterait que l’investissement dans la transition énergétique puisse être compté sur un budget à part, qui ne creuserait pas la dette. Anne Hidalgo a également souligné que la suppression de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises allait « supprimer des marges de manœuvre » pour les collectivités territoriales.