Crise agricole : Lecornu annonce des mesures concrètes pour agriculteurs d’ici vendredi.
Le gouvernement doit annoncer d’ici à vendredi des mesures concrètes en réponse aux revendications agricoles, a indiqué mardi soir la FNSEA. L’Union européenne a annoncé une augmentation de 45 milliards d’euros du budget de la politique agricole commune à partir de 2028.
Le gouvernement doit dévoiler d’ici vendredi des mesures concrètes en réponse aux demandes des agriculteurs, a annoncé mardi soir la FNSEA, premier syndicat agricole, à l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu à Matignon.
D’après Arnaud Rousseau, président du syndicat, ces annonces sont attendues sur plusieurs fronts jugés prioritaires, notamment les questions sanitaires, la viticulture, la taxe carbone aux frontières, ainsi que les décrets d’application de la loi Duplomb, qui vise à alléger les formalités administratives pour les exploitants. « Nous lui avons rappelé ce qui compte aujourd’hui, ce ne sont plus les mots, mais les actes », a-t-il précisé, tandis que la mobilisation agricole reprend après les fêtes.
Les agriculteurs font face à plusieurs crises, notamment une épizootie de dermatose nodulaire contagieuse chez les bovins, à la chute des prix du blé, à la hausse des coûts des engrais, et à la perspective d’une concurrence accrue due à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.
Mardi soir, le président de la FNSEA a réaffirmé son opposition à cet accord, qu’il a qualifié de « symbole de ce que nous ne voulons pas pour l’agriculture européenne », alors que le traité pourrait avancer significativement dans les jours à venir.
Plus tôt dans la journée, l’Union européenne a annoncé une augmentation de 45 milliards d’euros du budget de la politique agricole commune à partir de 2028, à la veille d’une réunion exceptionnelle des ministres européens de l’Agriculture à Bruxelles, visant à répondre aux « préoccupations » du secteur.
Cette annonce est perçue par la FNSEA comme une concession de dernière minute avant une éventuelle signature de l’accord UE-Mercosur, prévue le 12 janvier prochain. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit encore obtenir l’accord des États membres lors d’un vote attendu dès vendredi.
Négocié depuis plus de vingt-cinq ans, le traité faciliterait les exportations européennes de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique du Sud, tout en ouvrant davantage le marché européen aux importations de viande, sucre, riz, miel et soja, ce qui suscite des inquiétudes au sein de plusieurs secteurs agricoles.
« Nous avons redit clairement au Premier ministre que pour nous il n’était pas question qu’on puisse accepter quoi que ce soit sur cet accord qui est encore une fois un accord mal né », a insisté M. Rousseau, ajoutant qu’il attendait des précisions sur les annonces européennes concernant la PAC. « Nous allons attendre de voir ce week-end ce qui se passe, et si le Mercosur devait être signé, évidemment nous appellerions à de nouvelles mobilisations », a-t-il averti.

