Covid-19 : Hausse des cas, nouveaux variants, retour du masque… L’Europe entame l’été sous le spectre de la « reprise épidémique »

L’arrivée de l’été rime cette année encore en Europe avec une remontée des cas de Covid-19, cette année. L’épidémie de Covid-19 est portée par de nouveaux sous-variants d’Omicron, qui suscitent des appels à la vigilance. « Là, c’est très clairement une reprise épidémique qui est liée à l’arrivée de nouveaux variants de la famille Omicron, qui s’appellent BA.4 et BA.5 », a assuré ce mercredi sur France Info l’infectiologue Anne-Claude Crémieux. En une semaine, le nombre de nouveaux cas en France a effectivement bondi de près de 50 %, avec une circulation du SARS-CoV-2 qui s’est accélérée depuis une dizaine de jours en métropole, et un rythme de contaminations désormais au-delà de 44.000 cas (en moyenne sur sept jours).

De son côté, Alain Fischer a estimé sur France 2 que le retour du masque obligatoire dans les transports « se discutait sérieusement ». « A titre personnel – car ce n’est pas mon champ d’action – je pense que dans les transports collectifs, c’est probablement raisonnable. Certainement pour les personnes fragiles et probablement pour l’ensemble de la population car c’est une mesure de protection collective, et en faisant le petit effort de porter le masque, on contribue à protéger les personnes fragiles », a ajouté le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale.

Remontée des cas en Europe

De nombreux pays européens sont également confrontés depuis quelques semaines à une nouvelle accélération des contaminations. Premier touché, le Portugal a connu en mai une augmentation marquée des nouveaux cas, qui a culminé début juin à près de 30.000 contagions par jour. La vague a, depuis, commencé à refluer.

Au Royaume-Uni, les infections quotidiennes sont de nouveau quasiment au plus haut depuis le début de la pandémie. Egalement affectée, l’Italie a comptabilisé 30.526 nouveaux cas en 24h (de samedi à dimanche), avec une augmentation de 63,4 % en 7 jours, selon le dernier rapport du ministère de la Santé. L’Allemagne subit le même sort.

Des nouveaux sous-variants

Comme l’a expliqué l’infectiologue Anne-Claude Crémieux, la reprise s’explique par l’arrivée de nouveaux sous-lignages d’Omicron. BA.4 et surtout BA.5 se propagent d’autant plus rapidement qu’ils semblent bénéficier d’un double avantage de contagiosité et d’échappement immunitaire. Un « déclin immunitaire », c’est-à-dire que « la protection conférée par une infection ou une dose de vaccin décroît avec le temps », explique également cette reprise selon Mircea T. Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l’université de Montpellier.

« On est face à une évolution continuelle du virus, qui rencontre des personnes ayant déjà des anticorps – parce qu’elles ont été infectées auparavant ou vaccinées – et qui doit avoir un avantage sélectif pour parvenir à se faufiler », décrypte pour sa part Olivier Schwartz, directeur de l’unité Virus et Immunité de l’Institut Pasteur. « BA.5, et dans une moindre mesure BA.4, est en train de se propager en Europe », ajoute-t-il. Or « des données épidémiologiques montrent qu’il serait 10 % plus contagieux que BA.2, c’est la raison pour laquelle il prend le dessus ».

Vers une hausse des hospitalisations ?

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a jugé mi-juin que, sur la base de données encore limitées, « il n’y a aucune preuve que BA.4 et BA.5 soient associés à une gravité accrue de l’infection par rapport aux variantes circulantes BA.1 et BA.2 ».

Cependant, comme lors des vagues précédentes, une augmentation globale des cas de Covid-19 peut entraîner une augmentation des hospitalisations, des admissions en soins critiques et des décès, a prévenu le Centre. En France, la « reprise épidémique modérée » des dernières semaines (le nombre de cas a plus que doublé en trois semaines) « s’accompagne d’une petite reprise des hospitalisations » et risque d’entraîner « une hausse décalée dans le temps » des entrées en soins critiques et des décès, a noté mardi le Pr Alain Fischer. « Il ne se passera rien de dramatique dans les services de soins intensifs des hôpitaux », a, pour sa part, rassuré le virologue allemand Klaus Stöhr.

Nouvelles mesures pour l’été ?

L’ECDC a appelé les pays européens à « rester vigilants », en maintenant des systèmes de tests et de surveillance. « On s’attend à ce que des doses de rappel (de vaccin) supplémentaires soient nécessaires pour les groupes les plus à risque de maladie grave, en prévision des futures vagues », a-t-il estimé.

Certains pays ont déjà annoncé de nouvelles mesures. L’Italie a ainsi décidé mi-juin de prolonger l’obligation de porter des masques FFP2 dans les transports publics (sauf dans les avions) jusqu’au 30 septembre. « Je veux continuer à recommander de se protéger en faisant le deuxième rappel du vaccin anti-Covid », notamment pour les plus à risque, a préconisé le ministre de la Santé Roberto Speranza, actuellement positif.

Le président allemand de l’Association médicale mondiale, Frank Ulrich Montgomery, a, lui, prôné l’adoption rapide d’une « boîte à outils » avec masque, vaccination et limitation des contacts. En France, le gouvernement a appelé cette semaine les plus âgés à recevoir le second rappel vaccinal « le plus vite possible », sur fond de « reprise épidémique modérée ». Un quart des personnes éligibles ont reçu leur second rappel vaccinal contre le Covid-19, un taux « clairement insuffisant », souligne le gouvernement.