Covid-19 à Nice : « La solution, c’est de savoir s’adapter », affirme le Pr Pradier du CHU au sujet du rebond de l’épidémie

Avec près de 1.250 personnes contaminées pour 100.000 habitants dans la métropole niçoise, l’épidémie du  coronavirus semble repartir après une brève accalmie. Mais depuis fin février, « on n’a quasiment plus personne en réanimation », observe le professeur Christian Pradier, chef du département de  santé publique au CHU de Nice.

Le professeur Christian Pradier, chef du département de santé publique au CHU de Nice
Le professeur Christian Pradier, chef du département de santé publique au CHU de Nice – C. Pradier

Comment peut-on interpréter les derniers indicateurs du Covid-19 ?

Depuis le début 2022, on a enregistré des chiffres records avec 4.000 cas positifs pour 100.000 habitants en janvier, puis une chute rapide mi-février et à nouveau une ascension pour atteindre plus de 1.200 personnes contaminées. Ce n’est pas inquiétant dans le sens où il faut regarder les choses simplement : ce nouveau sous-variant Omicron BA2 est plus contagieux mais n’est pas plus grave. On a relevé que dans les eaux usées, la circulation du virus est très importante. Pourtant, on n’a quasiment plus personne en réanimation et on a un plateau d’une centaine de patients en hospitalisations conventionnelles depuis fin février. Ils ne restent que quelques jours en surveillance.

Comment peut-on anticiper une éventuelle prochaine vague ?

On ne peut pas. Tous ceux qui ont essayé auparavant d’imaginer un scénario se sont trompés. Ce qu’on pensait vrai pour l’été en 2020, ne l’était pas en 2021. Le Covid-19 est un phénomène complexe, rempli d’incertitudes. Il faut suivre et ajuster notre stratégie en fonction de la situation connue via les données récoltées. La solution, c’est de savoir s’adapter et de trouver des capacités d’organisations nouvelles. On fait des choses qu’on ne faisait pas avant, comme le Sico, le service de soins intensifs, où on a permis d’oxygéner des patients sans les mettre en réanimation et éviter plus de saturation.

Qu’est-ce qu’il faut envisager pour le futur ?

Même s’il y a moins de formes graves, il ne faut pas oublier qu’il existe néanmoins des personnes à risque, très fragiles comme les personnes âgées, obèses, hypertendues, immunodéprimées. Il faut alors rester prudent et ne pas oublier les gestes barrières, lavage des mains et le port du masque. Des réflexes qui protègent d’ailleurs d’autres maladies qui circulent aussi beaucoup en ce moment.

Les derniers chiffres du Covid au niveau du département des Alpes-Maritimes

D’après les derniers chiffres de Santé publique France, publiés sur le site Covid tracker, 1.293 personnes étaient positives au Covid-19 pour 100.000 habitants mercredi dernier dans les Alpes-Maritimes. Le taux de positivité, c’est-à-dire la proportion de tests positifs dans l’ensemble des tests, s’élevait à 24,6 %. Et 27 % des lits de réanimation étaient occupés par des patients Covid-19. En tout, 410 personnes sont hospitalisées et 24 en réanimation.