Covid-19 à Nantes : Qui sont les vaccinés « retardataires » ?

Ce n’est plus du tout le rythme effréné des débuts. Ce mercredi, il n’y a pas foule et on prend son temps à la salle Nantes-Erdre, qui abrite l’un des derniers centres de vaccination contre le Covid-19 encore ouverts en Loire-Atlantique. Accessible seulement trois jours par semaine (mercredi, samedi et dimanche, avec ou sans rendez-vous) désormais, le site dans lequel défilaient quotidiennement des milliers de patients parfois s’apprête à fermer ses portes à la fin du mois, à l’instar du centre mobile dans les quartiers. « On ne fait en moyenne ici plus que 50 à 100 injections par jour [contre 3.500 au vaccinodrome de la Beaujoire, au pic de la campagne de vaccination], rapporte Didier Levrat, chef de projet du pôle protection des populations à la mairie de Nantes. Depuis le 14 mars et la levée du pass vaccinal, les gens ne viennent plus, on est en très grande baisse. »

Si la grande majorité des patients que l’on croise ici sont des personnes âgées de plus de 60 ans, éligibles à une quatrième dose, les raisons de se faire vacciner en plein mois d’avril 2022 sont diverses, même si les vacances à l’étranger reviennent souvent. Opposée au vaccin, c’est pour cela qu’Aurélie, 26 ans, a finalement sauté le pas. « Je pars très bientôt au Brésil, rejoindre mon copain que je n’ai pas vu depuis 7 mois, explique la jeune femme, qui a choisi le vaccin Novavax, sans ARN messager. J’en avais clairement pas envie car je pense que chacun doit être libre, mais je n’ai plus le choix. » Adrien et Ludwig, deux collègues d’une vingtaine d’années, sont aussi venus « à contrecœur » faire leur troisième dose pour pouvoir voyager. « On a un déplacement professionnel à Marrakech qu’on ne veut pas manquer, expliquent-ils. On ne l’aurait pas fait sinon. Même avec deux doses, on a tous les deux eu Omicron, et ce n’était pas si méchant que ça. »

« Elle passe bientôt le brevet »

Composée de sept agents, trois infirmières et un médecin, l’équipe du centre Nantes-Erdre voit aussi défiler des enfants. Et notamment les plus jeunes, à partir de 5 ans, pour qui la vaccination a été ouverte plus tardivement. Un petit pansement bariolé sur l’épaule, Chloé et Camille, 9 et 10 ans, doivent encore patienter quelques minutes avant de pouvoir repartir. « On leur a demandé leur avis, et elles étaient partantes, rapporte Céline, leur maman. Avec leur père, on est des convaincus de la vaccination, on veut protéger au maximum la famille. La grande va rentrer au collège en septembre, donc on voulait que ça soit fait au cas où ça repart. » Clémence, une adolescente de 14 ans qui se présente devant le bâtiment, a réservé un créneau pour une troisième injection. « On sait que ce n’est plus forcément exigé mais il y a beaucoup de cas dans sa classe, justifie sa mère. Et puis elle passe bientôt le brevet, il faut être prudent. »

Selon l’agence régionale de santé, plus de 81 % de la population de Loire-Atlantique a reçu au moins deux doses de vaccin. Après la fermeture du centre, la campagne de vaccination se poursuivra « en proximité dans les cabinets médicaux par les médecins généralistes, les infirmiers et les pharmacies d’officine », indique-t-elle. Dans les Pays-de-la-Loire, le taux d’incidence se maintient depuis plusieurs semaines aux alentours de 1.400 cas pour 100.000 habitants, avec plus d’un tiers des tests de dépistage positifs.